À Kinshasa, la question des droits d’auteur des artistes congolais refait surface avec une acuité particulière. Le guitariste et créateur d’œuvres musicales Godé Lofombo, de passage dans la capitale, a salué certaines avancées du gouvernement Suminwa tout en pressant les autorités d’accélérer la résolution de problèmes structurels qui touchent directement les créateurs et leurs familles.
Un secteur de la gestion collective en crise
Au cœur des préoccupations exprimées par l’artiste figure le dysfonctionnement persistant de la Société congolaise des droits d’auteur (SOCODA), minée depuis plusieurs années par un bicéphalisme opposant l’aile Jossart Nyoka Longo à l’aile Blaise Bula. S’y ajoute la présence de la Société nationale des compositeurs et des éditeurs (SONECA), qui complexifie davantage le paysage de la gestion collective. « Nos droits ne sont pas vraiment respectés en tant qu’artistes », a déploré Godé Lofombo, rappelant que derrière chaque créateur se trouvent des familles qui dépendent des revenus issus de son travail artistique.
Des initiatives dispersées, une solution attendue
Le musicien a également dénoncé l’existence de démarches visant, selon lui, à mettre en place d’autres structures dans le secteur de la gestion collective des droits d’auteur. Il affirme avoir lui-même participé à certaines initiatives en faveur de la défense des intérêts des artistes, mais estime que cette question nécessite aujourd’hui une solution gouvernementale durable et concertée. L’éparpillement des acteurs et des structures ne fait qu’aggraver la précarité des créateurs, qui peinent à percevoir les fruits de leur travail.
Un engagement présidentiel et ministériel à concrétiser
Tout en lançant cet appel aux autorités, Godé Lofombo dit continuer à croire aux engagements pris par le Chef de l’État lors de sa dernière adresse officielle à la nation, le 9 décembre 2025, en faveur de l’amélioration du fonctionnement de la structure chargée de la gestion des droits des créateurs. Il rappelle également que la Ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe ma Ndembo, avait rassuré les artistes, surtout les pionniers de la rumba, sur le travail entrepris pour parvenir à des solutions, lors d’une audience chez la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka.
La dignité des artistes en jeu
Pour Godé Lofombo, la protection effective des droits d’auteur et droits voisins constitue une urgence pour permettre aux artistes rd-congolais de vivre dignement de leurs œuvres et de garantir la pérennité de leurs familles. Au-delà des déclarations, c’est la capacité de l’État à assainir un secteur clé de la culture qui est attendue, dans un pays où la musique est un vecteur d’identité et un levier économique potentiel. La balle est désormais dans le camp des institutions, appelées à transformer les promesses en actes concrets.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Eventsrdc
