Au moins cinq civils ont été tués, un autre blessé et deux personnes restent portées disparues en six jours dans le nord de la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu. Cette série d’incidents, survenue entre le 28 juillet et le 2 août, illustre la dégradation persistante de la sécurité dans cette zone déjà fragilisée par les affrontements entre groupes armés.
Un bilan humain en hausse dans le nord de Bwito
Le dernier incident rapporté remonte à la soirée du dimanche 2 août dans la localité de Kibirizi, groupement Mutanda. Des hommes armés non identifiés ont fait irruption au domicile d’un civil avant de lui tirer dessus. Blessée par balle, la victime a été acheminée vers une structure sanitaire locale où elle reçoit des soins. La veille, deux personnes ont été enlevées dans leurs champs aux environs du village de Kilambo, dans le groupement voisin de Kanyabayonga. Leurs familles indiquent être toujours sans nouvelles de leurs proches. Ces disparitions s’ajoutent à un climat d’insécurité grandissant, où les déplacements quotidiens des habitants pour les travaux agricoles deviennent de plus en plus risqués.
Des assassinats ciblés le 28 juillet
Ces nouveaux incidents interviennent quelques jours après le meurtre de cinq personnes, le 28 juillet, dans la même zone. Parmi les victimes figurent Justin Kahiti, chef du village de Kirima récemment nommé par l’AFC/M23, son conducteur de moto ainsi que deux de ses gardes du corps. Ils ont été tués dans une embuscade à Kasesero. Le même jour, un notable du quartier Kinyatsi a également été abattu, rapportent des témoignages. Ces assassinats ciblés suggèrent une volonté de déstabiliser les structures d’autorité locales, dans un contexte où le contrôle territorial est disputé entre plusieurs acteurs armés.
Des responsabilités non confirmées
Selon des sources locales, certains de ces actes seraient attribués à des éléments du M23, tandis que d’autres seraient liés à des représailles menées par des combattants présumés Wazalendo. Ces accusations n’ont pas encore fait l’objet de confirmation par des sources officielles. La multiplication de ces incidents alimente cependant une inquiétude croissante parmi les habitants de Kibirizi et des villages environnants, qui redoutent une dégradation de la situation sécuritaire dans le nord de la chefferie de Bwito. L’absence de revendication claire et la diversité des modes opératoires rendent difficile l’établissement des responsabilités précises, mais renforcent le sentiment d’insécurité au sein de la population.
Appels à la protection des civils
Les populations locales appellent les autorités et les acteurs sécuritaires à renforcer la protection des civils et à mettre fin aux violences qui continuent d’affecter cette partie du territoire de Rutshuru. La chefferie de Bwito, en proie à une insécurité chronique, voit ainsi sa population civile de nouveau prise pour cible, sans que des mesures concrètes ne soient annoncées pour l’heure. Les incidents récents, qu’il s’agisse d’embuscades, d’enlèvements ou d’assassinats, soulignent l’urgence d’une réponse sécuritaire adaptée pour éviter une escalade des violences dans cette zone déjà marquée par des déplacements massifs de population et une crise humanitaire persistante.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
