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Dialogue national : Patrick Muyaya défend la construction d’un bloc national face à l’agression rwandaise

Le président Félix Tshisekedi a annoncé, vendredi 17 juillet 2026, la tenue prochaine d’un « dialogue national inclusif, apaisé et résolument républicain ». L’objectif affiché est de consolider la cohésion nationale face à l’agression rwandaise dans l’Est de la République démocratique du Congo. L’annonce a été faite par le cardinal Fridolin Ambongo à l’issue d’une audience accordée aux représentants des principales confessions religieuses.

Un dialogue pour construire un bloc national

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a précisé le lendemain que cette initiative s’inscrit dans une logique de construction d’un « bloc national ». Lors d’un briefing presse, il a établi un parallèle avec les réactions observées dans d’autres pays confrontés à des crises majeures. « Lorsqu’il y a eu les attentats du 11 septembre aux États-Unis, démocrates et républicains se sont rangés derrière le président Bush », a-t-il rappelé, évoquant également l’union de la classe politique française après les attaques contre Charlie Hebdo.

Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité de cette unité alors que plusieurs rapports internationaux désignent le Rwanda comme pays agresseur. « Comment pensez-vous que les autres Africains et les pays voisins nous regardent comme peuple lorsqu’il est établi par tous les rapports des Nations unies, des États-Unis et des organisations non gouvernementales qu’il y a un pays agresseur qui agresse la République démocratique du Congo, et qu’il y a des Congolais qui en sont complices ou qui ne dénoncent pas le mal ? », s’est interrogé le ministre.

Les confessions religieuses saluent l’initiative présidentielle

Le cardinal Ambongo a exprimé la gratitude des chefs religieux envers le chef de l’État. Il a souligné que cette annonce concrétise les efforts engagés en faveur de la paix et du renforcement de l’unité nationale. Il a également salué la contribution d’autres chefs d’État, notamment ceux du Burundi et du Congo-Brazzaville, qui ont œuvré pour faciliter ce rapprochement.

Les conditions précises du dialogue seront précisées ultérieurement, a indiqué le cardinal, tout en appelant l’ensemble des Congolais à s’inscrire dans cette dynamique. Selon lui, la RDC a besoin de la communion de tous ses fils et filles pour faire face à l’agression rwandaise.

Clarifications sur la position des Églises

Patrick Muyaya est revenu sur les critiques suscitées par la visite des responsables de la CENCO et de l’ECC à Goma, zone affectée par la rébellion de l’AFC/M23. Il a toutefois affirmé que les échanges avec les responsables religieux ont permis de lever toute ambiguïté. « Dans la perception, l’Église ECC et la CENCO ont donné l’impression d’être tolérantes par rapport à certaines choses qui se passent et qui sont inacceptables par rapport à l’agression ou par rapport aux Congolais supplétifs », a-t-il expliqué, tout en reconnaissant que le cardinal Ambongo avait déjà condamné le Rwanda par le passé.

Le ministre a salué l’attitude du président Tshisekedi, qui a fait preuve d’ouverture en recevant les religieux malgré les divergences récentes. « Le Président de la République aurait pu rester braqué en fonction de ce qui a été vu et montré, qu’il ne prédisposait pas à faciliter certaines choses. Mais ici, parce qu’il s’agit de l’intégrité territoriale », a-t-il déclaré.

Un contexte politique et diplomatique tendu

Cette annonce intervient dans un climat de fortes divergences autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle, l’opposition accusant la majorité de vouloir permettre au président de se maintenir au pouvoir au-delà de deux mandats. Elle survient également alors que les initiatives diplomatiques en cours, comme les accords de Washington et le processus de Doha, peinent à produire des résultats tangibles sur le terrain.

Selon Patrick Muyaya, le dialogue offre une opportunité à ceux qui doutaient de la volonté présidentielle de promouvoir la cohésion nationale. Il a rappelé que le chef de l’État peut convoquer et organiser ce dialogue dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles, conformément à l’article 69 de la Constitution.

Article Ecrit par Cédric Botela

Sources: Actualite.cd, radiookapi.net

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