Deux mois après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, le Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Gilles Fagninou, tire la sonnette d’alarme. De retour d’une mission dans la province de l’Ituri, épicentre de la maladie, il appelle à une riposte plus rapide et mieux coordonnée. « Je reviens d’une mission dans la province de l’Ituri avec une conviction renforcée : Ebola peut être contenu, à condition d’agir plus vite et de manière plus collective », a-t-il déclaré le 16 juillet 2026.
L’épidémie, due à la souche Bundibugyo, s’est propagée bien au-delà de son foyer initial. Selon les données du 13 juillet, elle touche désormais cinq provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Le bilan s’élève à 2 111 cas confirmés, dont 750 décès. Une expansion géographique qui complique la riposte, dans un contexte marqué par les conflits armés, les déplacements de populations et les difficultés d’accès à certaines zones.
Une progression géographique qui accroît l’urgence
La dispersion de la maladie sur un vaste territoire rend la lutte plus complexe. « Cette progression géographique, dans un contexte de conflit, d’insécurité, de déplacements de populations et d’accès limités, rend la riposte à la fois complexe et plus urgente », a souligné Gilles Fagninou. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a élevé la flambée au rang d’urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai, estime que l’ampleur réelle pourrait être plus importante que les chiffres disponibles. Plusieurs facteurs aggravent la situation : forte mobilité des populations, faiblesse des systèmes de santé, manque d’infrastructures sanitaires et absence de vaccin ou de traitement spécifique contre cette souche.
Des histoires de guérison qui montrent la voie
Malgré ces défis, des succès sont possibles lorsque les acteurs unissent leurs forces. À Bunia, le responsable de l’UNICEF a rencontré un nourrisson de trois mois guéri d’Ebola, ainsi qu’un enfant de neuf mois qui, après avoir perdu ses deux parents, « retrouve progressivement le sourire grâce au soutien psychosocial et aux services de protection mis en place avec nos partenaires ». Pour Gilles Fagninou, ces cas illustrent une réalité essentielle : « Lorsque les communautés, le Gouvernement et les partenaires agissent ensemble, des vies sont sauvées. »
Quatre axes pour une riposte plus efficace
Face à l’évolution de l’épidémie, l’UNICEF concentre son appui sur quatre priorités : la mobilisation communautaire et la lutte contre la désinformation, le renforcement de la prévention et du contrôle des infections, la protection des enfants affectés et le développement de la surveillance communautaire. « La riposte doit désormais progresser plus vite que le virus », insiste Gilles Fagninou. Il salue également une initiative innovante : l’installation de crèches à proximité des centres de traitement Ebola. « J’ai été particulièrement encouragée par les crèches installées à proximité des centres Ebola, qui offrent aux jeunes enfants un environnement sûr lorsque leurs parents sont hospitalisés. Cette approche innovante mérite d’être étendue », estime-t-il.
Articuler la lutte contre Ebola avec les autres urgences
Pour le Directeur régional de l’UNICEF, la riposte ne peut être isolée. « Ebola ne peut être traité isolément. La riposte doit s’articuler avec les autres urgences auxquelles les communautés font face – malnutrition, choléra, polio, déplacements forcés – tout en garantissant la continuité des services essentiels, notamment les soins de santé et la préparation de la prochaine rentrée scolaire », a-t-il souligné. Les autorités congolaises, fortes de l’expérience acquise lors de seize épidémies précédentes, appellent à éviter tout alarmisme et assurent que la riposte se poursuit en collaboration avec les partenaires nationaux et internationaux.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
