La lutte contre l’épidémie d’Ebola et l’insécurité dans l’est de la RDC mobilise plusieurs acteurs, dont l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Son directeur provincial au Nord-Kivu, Emmanuel de Merode, a détaillé vendredi les actions en cours, à l’issue d’une audience avec le gouverneur militaire de l’Ituri. Cette rencontre a permis de faire le point sur le programme du couloir vert, un vaste projet de développement qui traverse l’Ituri, mais aussi sur les défis sécuritaires et sanitaires auxquels la région est confrontée.
Un appui concret à la riposte contre Ebola
L’ICCN ne se limite pas à la protection de la faune et de la flore. L’institution participe activement à la riposte contre la maladie à virus Ebola, qui continue de menacer les populations de l’est du pays. Emmanuel de Merode a indiqué que son organisation travaille en étroite collaboration avec les autorités sanitaires. Concrètement, cela se traduit par un appui aux dispositifs de contrôle mis en place pour limiter la propagation de l’épidémie. Ces mesures visent à détecter rapidement les cas suspects et à éviter que le virus ne se diffuse dans des zones déjà fragilisées par les violences armées.
La sécurité, préalable à tout développement
Le programme du couloir vert repose sur trois piliers : la relance économique, la consolidation de la sécurité et la préservation des forêts naturelles. Mais pour le directeur provincial de l’ICCN, la priorité immédiate est la sécurisation des territoires en proie aux attaques des rebelles des ADF. Sans un retour à la stabilité, les projets de développement et de conservation risquent de rester lettre morte. C’est dans cette optique qu’a été annoncé le lancement des travaux de construction d’une première base opérationnelle avancée (FOB) dans le territoire de Mambasa. Cette infrastructure, réalisée en collaboration avec les Forces armées de la RDC (FARDC), doit renforcer les opérations de sécurisation dans cette partie de l’Ituri.
Des effectifs renforcés pour mieux protéger les aires protégées
Face à l’ampleur des défis, les moyens humains restent insuffisants. Emmanuel de Merode a reconnu que les effectifs des éco-gardes ne sont pas à la hauteur des besoins sécuritaires et opérationnels. Pour y remédier, l’ICCN prévoit de recruter prochainement 150 nouveaux éco-gardes. Une seconde vague de recrutement, de même ampleur, est déjà programmée pour 2027. Ces renforts devraient permettre de mieux surveiller les aires protégées et de lutter plus efficacement contre le braconnage, qui, selon le responsable, est désormais mieux maîtrisé dans le parc national des Virunga.
Faire bénéficier les populations des retombées de la conservation
La pérennité des espaces naturels ne peut être assurée sans l’adhésion des communautés riveraines. Emmanuel de Merode a insisté sur la nécessité de faire en sorte que les populations vivant autour des aires protégées tirent un bénéfice direct des programmes de conservation. Cette approche, qui lie protection de l’environnement et développement local, est considérée comme une condition indispensable pour éviter que les habitants ne se tournent vers des activités illégales comme le braconnage ou l’exploitation forestière non contrôlée. En impliquant les communautés dans la gestion des ressources, l’ICCN espère créer un cercle vertueux où la conservation profite à tous.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
