L’avocat Jean-Marie Kabengela Ilunga a livré, ce vendredi, une analyse sobre des responsabilités institutionnelles dans le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. Intervenant lors d’un Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, il a rappelé la répartition des rôles entre majorité et opposition dans un État de droit, alors que le dossier continue de cristalliser les tensions entre la mouvance présidentielle et une partie de l’opposition, rejointe par des confessions religieuses.
Un rappel des principes de l’État de droit
Jean-Marie Kabengela a souligné que l’opposition dispose du droit de défier le pouvoir, une prérogative inhérente à son rôle de contre-pouvoir. Il a toutefois insisté sur la responsabilité de la majorité présidentielle dans la gestion de cette contestation. Selon lui, il revient au pouvoir de gérer l’opposition, non par le défi ou l’affrontement, mais par l’écoute de la minorité. Cette position intervient dans un climat politique tendu, à deux ans de la fin du second mandat du Président Félix Tshisekedi.
La réforme constitutionnelle, un dossier clivant
Le projet de réforme constitutionnelle divise profondément la classe politique congolaise. La majorité présidentielle défend une évolution du texte fondamental, tandis qu’une frange de l’opposition, appuyée par certaines confessions religieuses, y voit une manœuvre visant à prolonger le mandat en cours. Jean-Marie Kabengela n’a pas pris position sur le fond du projet, mais a recentré le débat sur la méthode de gouvernance. Il a appelé à privilégier le dialogue plutôt que la confrontation directe.
Un appel à la retenue institutionnelle
L’intervention de l’avocat met en lumière les risques d’une escalade verbale entre les camps politiques. En rappelant que la gestion de l’opposition incombe au pouvoir, il suggère une approche fondée sur la retenue et le respect des prérogatives de chaque institution. Cette lecture juridique contraste avec les postures plus offensives observées ces dernières semaines dans le débat public. Elle replace la question constitutionnelle dans le cadre plus large du fonctionnement régulier des institutions.
Un calendrier politique sous tension
À l’approche de l’échéance électorale de 2028, chaque initiative législative ou constitutionnelle est scrutée avec méfiance. La déclaration de Jean-Marie Kabengela rappelle que la stabilité du processus politique dépend en partie de la capacité de la majorité à intégrer les voix discordantes. Sans évoquer de solution concrète, il a posé un jalon procédural : l’écoute de la minorité comme condition d’un débat apaisé. La suite dépendra de la volonté des acteurs politiques de s’inscrire dans cette logique institutionnelle.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
