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À Paris, Juliana Amato Lumumba défend une OIF économique

Juliana Amato Lumumba défend ce mardi 30 juin à Paris sa candidature au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie. Cette audition, organisée dans le cadre de la Conférence ministérielle extraordinaire de la Francophonie, intervient avant l’élection prévue au Sommet de novembre 2026 à Phnom Penh. Pour la candidate de la République démocratique du Congo, l’enjeu central est de faire de l’OIF un outil plus concret de coopération, notamment économique, au service des États membres et de leurs populations.

Son projet repose sur une idée simple : la Francophonie ne doit pas seulement être un espace de langue et de dialogue institutionnel, mais aussi un cadre capable de faciliter les échanges, l’innovation, la mobilité des compétences et les investissements. Cette orientation place la coopération économique francophone au cœur de son offre politique, avec une volonté affichée de rapprocher l’action de l’organisation des préoccupations pratiques des pays membres.

Une audition décisive à Paris

L’audition de Juliana Amato Lumumba à Paris constitue une étape importante du processus de désignation du prochain Secrétaire général de l’OIF. Les candidats y présentent leurs priorités devant les représentants des États et gouvernements membres. Le choix final doit intervenir lors du XIXe Sommet de la Francophonie, prévu en novembre prochain à Phnom Penh, au Cambodge.

Cette séquence permet aux États membres d’évaluer les orientations proposées pour l’avenir de l’organisation. Dans le cas de la candidate congolaise, la ligne défendue met l’accent sur une Francophonie davantage orientée vers les résultats. Cela signifie une organisation appelée à produire des effets lisibles dans des domaines comme le développement, la transformation numérique, la paix, la jeunesse et les relations économiques entre pays membres.

La RDC met en avant son poids francophone

La candidature de Juliana Amato Lumumba est soutenue par la République démocratique du Congo, présentée comme le premier pays francophone au monde par sa population. Ce soutien donne une dimension particulière à son audition candidature secrétaire générale, car il relie la démarche congolaise à une réflexion plus large sur la place des grands espaces francophones dans la gouvernance de l’OIF.

Dans son approche, la candidate propose de moderniser la gouvernance de l’organisation. L’objectif annoncé est de rendre l’OIF plus efficace, plus inclusive et plus attentive aux enjeux du XXIe siècle. Cette formulation renvoie à une attente institutionnelle précise : faire évoluer les outils de coopération pour qu’ils répondent mieux aux besoins actuels des États membres, sans limiter la Francophonie à son rôle diplomatique traditionnel.

Des outils pour l’économie et les talents

Parmi les propositions mises en avant figure la création d’une Chambre francophone de commerce solidaire. Un tel mécanisme viserait à stimuler les investissements et à renforcer les échanges économiques entre les pays membres. La candidate évoque aussi un Visa francophone des talents, destiné à faciliter la mobilité des compétences au sein de l’espace francophone.

Ces mesures traduisent une lecture pratique de la coopération : les entreprises, les compétences et les institutions ont besoin de cadres plus lisibles pour travailler ensemble. La mobilité des talents peut faciliter la circulation des savoir-faire, tandis que des échanges économiques mieux structurés peuvent soutenir une coopération plus orientée vers les résultats. Les effets précis dépendraient toutefois des décisions des États membres et des modalités qui seraient retenues si ces propositions étaient adoptées.

Le projet comprend également une Autorité francophone pour une transition numérique inclusive. Dans ce volet, l’enjeu est de faire de la transformation numérique un domaine de coopération organisé entre pays membres. L’approche reste cohérente avec l’idée d’une OIF capable d’accompagner les mutations technologiques, tout en gardant une attention aux besoins concrets des populations.

Paix, culture et vision de long terme

La candidate congolaise propose aussi une Académie francophone de la paix et une Biennale des rencontres interculturelles. Ces deux initiatives élargissent son projet au-delà de l’économie stricte. Elles inscrivent la paix, le dialogue culturel et les échanges entre sociétés dans une même architecture de coopération.

Cette vision est développée dans un ouvrage intitulé Pour la Francophonie des peuples. Neuf discours pour bâtir la Grande Alliance francophone, dont la publication est annoncée pour octobre 2026. Le livre doit exposer les principales orientations de son projet pour une organisation plus inclusive et davantage tournée vers les défis contemporains.

L’audition de Paris intervient dans un contexte où plusieurs États membres plaident pour une Francophonie plus active dans le développement, la jeunesse, la transformation numérique et la coopération économique. La candidature de Juliana Amato Lumumba s’inscrit donc dans ce débat sur le rôle futur de l’OIF. Pour les pays membres, l’enjeu sera de déterminer quelle vision peut donner à l’organisation des outils plus adaptés aux attentes institutionnelles et économiques de l’espace francophone.

Article Ecrit par Amissi G

Source: Actualite.cd

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