Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie a annoncé, mercredi 24 juin à Kinshasa, la relance de ses activités sur l’ensemble du pays après la levée de la mesure qui restreignait la prise de parole de ses cadres et membres dans les médias. Cette décision intervient dans un contexte marqué par la suspension du parti depuis octobre dernier, par des arrestations de responsables politiques et par une contestation renouvelée autour de la Constitution de 2006.
Formation politique de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila, le PPRD Kinshasa a pris cette orientation à l’issue d’une réunion politique consacrée à l’évaluation de la situation sociopolitique du pays. Le parti, aujourd’hui dans l’opposition, présente cette reprise comme une étape de réorganisation interne, mais aussi comme un signal politique dans une période où plusieurs de ses cadres demeurent privés de liberté.
Relance nationale après la levée d’une restriction
La mesure levée concernait la prise de parole publique des cadres et membres du PPRD dans les médias à travers le pays. Sa fin ouvre la voie à une reprise plus visible des activités du parti, selon l’annonce faite à Kinshasa. Aucune autre modalité pratique n’a été précisée dans les éléments disponibles, notamment sur le calendrier détaillé ou les lieux retenus pour cette relance.
Le contexte reste toutefois contraint. Depuis octobre dernier, le Parti du peuple pour la Reconstruction et la démocratie est sous suspension après sa participation à la création du mouvement Sauvons la RDC, dont les activités ont été suspendues par Kinshasa sur le territoire national. Plusieurs partis politiques membres de ce mouvement ont également vu leurs activités suspendues par le gouvernement.
Aubin Minaku et Shadary cités dans les demandes
Le PPRD exige la libération de plusieurs de ses cadres. Parmi eux figurent Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary et Dunia Kilanga, respectivement vice-président, secrétaire permanent et secrétaire national en charge de mobilisation. Selon les faits rapportés, ils ont été arrêtés en décembre 2025 et janvier 2026 lors d’opérations similaires menées de nuit à domicile, avec l’implication d’hommes en tenue civile et militaire.
Le parti affirme que ses cadres sont gardés au secret depuis sept mois sans procès. Il dénonce une situation qu’il attribue à la ligne des autorités de Kinshasa, tout en utilisant le terme de “tyrannie” pour qualifier ce qu’il présente comme une pression visant ses responsables. Dans une rubrique judiciaire, ce point demeure central: les faits disponibles portent sur des arrestations, une détention sans procès alléguée par le parti et l’absence de procédure publique mentionnée dans les éléments fournis.
Human Rights Watch documente des détentions
En mai dernier, Human Rights Watch a publié un rapport signalant la libération de neuf personnes sur les dix-sept qui avaient disparu avant d’être retrouvées en détention au Conseil national de cybersécurité. Le document mentionné indique que ces personnes comprenaient des personnalités politiques et des militants des droits humains.
Selon les mêmes éléments, huit personnes restent encore en détention. Parmi elles figurent les opposants Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary. Cette donnée place le dossier à la croisée d’un contentieux politique et d’un enjeu de procédure, notamment en raison de la détention sans procès dénoncée par le PPRD et du suivi documenté par Human Rights Watch.
Constitution de 2006 et calendrier institutionnel
Au-delà des arrestations, le PPRD a réaffirmé son opposition à tout changement de la Constitution de 2006. Le parti s’oppose aussi à un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi. D’après les faits fournis, son deuxième et dernier mandat constitutionnel expire en décembre 2028.
La relance annoncée à Kinshasa ne se limite donc pas à une reprise organisationnelle. Elle s’inscrit dans une séquence où le PPRD articule sa position autour de deux axes: la demande de libération de ses cadres et la défense de l’ordre constitutionnel tel qu’il le présente. Les suites dépendront des décisions des autorités compétentes et de l’évolution des procédures, éléments qui ne sont pas précisés dans les informations disponibles.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
