Les assemblées provinciales veulent remettre leurs difficultés de fonctionnement au centre de l’agenda institutionnel. Reçue mardi 23 juin par le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, leur délégation a présenté des préoccupations liées notamment à la crise de trésorerie, aux arriérés de salaires et d’émoluments, ainsi qu’à leurs rapports avec le ministère de l’Intérieur. Pour ces institutions, l’enjeu est pratique : sans ressources régulières et sans cadre administratif clarifié, leur fonctionnement devient plus fragile.
Une trésorerie qui bloque les institutions
La principale préoccupation portée devant le Sénat concerne les moyens financiers. Les présidents des assemblées provinciales ont signalé des arriérés de salaires et d’émoluments qui affectent le fonctionnement des organes délibérants dans les provinces. Dans une institution, la trésorerie désigne la capacité à faire face aux dépenses courantes. Lorsqu’elle se dégrade, les activités administratives et politiques peuvent être ralenties, même lorsque les missions prévues par les textes restent inchangées.
La délégation a donc sollicité une implication plus marquée de la chambre haute. Le Sénat, présenté dans les échanges comme l’organe représentant les provinces, est appelé à relayer ces doléances et à contribuer à la recherche de réponses institutionnelles. Jean-Michel Sama Lukonde a pris acte des préoccupations exprimées et s’est engagé à les relayer, selon les éléments rapportés par les sources.
Le rôle du Sénat mis en avant
La rencontre s’est tenue dans un contexte de préparation d’une session extraordinaire du Parlement annoncée avant le 10 juillet. La délégation des présidents des assemblées provinciales était venue remettre une invitation officielle au président du Sénat pour prendre part à cette session. Mais l’échange a dépassé le cadre protocolaire, en ouvrant un espace de discussion sur les difficultés financières et administratives rencontrées dans les provinces.
Pour les assemblées provinciales, l’intervention du Sénat est importante parce que leurs difficultés touchent directement l’équilibre entre les institutions nationales et provinciales. Elles ne demandent pas seulement une écoute politique. Elles cherchent aussi un suivi sur des problèmes concrets, notamment les arriérés qui pèsent sur leurs membres et sur l’organisation de leur travail.
Autonomie administrative à clarifier
Un autre point sensible concerne les relations avec le ministère de l’Intérieur. Les présidents des assemblées provinciales dénoncent des correspondances récurrentes adressées aux organes délibérants provinciaux. Selon eux, ces pratiques portent atteinte à l’autonomie administrative et de gestion reconnue aux provinces par la Constitution.
La demande exprimée est celle d’une clarification du cadre relationnel. En termes simples, les assemblées provinciales veulent que les limites entre suivi administratif, orientation politique et gestion interne soient mieux définies. Cette clarification est présentée comme nécessaire pour éviter que les institutions provinciales ne fonctionnent dans une zone d’incertitude, surtout lorsqu’elles doivent prendre des décisions relevant de leur propre organisation.
780 députés provinciaux concernés
Le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle a également été abordé. Papy Mantezolo, porte-parole de la délégation et président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, a rappelé le poids institutionnel des assemblées provinciales, qui comptent 780 députés provinciaux. Ce chiffre signifie que ces institutions représentent un ensemble important d’élus provinciaux dans l’architecture politique du pays.
La délégation estime donc que les assemblées provinciales ne peuvent pas être écartées d’un éventuel processus touchant à la Loi fondamentale. Leur implication est présentée comme un moyen de préserver les équilibres institutionnels. Les participants ont aussi évoqué la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, en réaffirmant leur soutien aux initiatives en faveur du retour de la paix et du renforcement de l’unité nationale.
Au terme de cette rencontre à Kinshasa, le message des assemblées provinciales reste centré sur un besoin de réponses concrètes. La crise de trésorerie, les arriérés et la question de l’autonomie administrative ne sont pas seulement des dossiers internes. Ils conditionnent la capacité des institutions provinciales à fonctionner normalement et à participer aux débats nationaux qui les concernent.
Article Ecrit par Amissi G
Sources: actu30.cd, mediacongo.net, radiookapi.net
