Le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo met en lumière des mécanismes politiques aux conséquences directes pour les citoyens. Lors d’un échange sur X Spaces, le député national Peter Kazadi, membre de l’UDPS/Tshisekedi, a clarifié la position du camp présidentiel face aux critiques de la coalition d’opposition C64. Il a affirmé que le président Félix Tshisekedi n’a jamais exprimé l’intention de briguer un troisième mandat, le mandat en cours s’achevant en 2028 selon la Constitution actuelle. Cette déclaration intervient dans un climat de tensions où chaque mot peut influencer la stabilité institutionnelle et, par ricochet, le quotidien économique des ménages.
Un scénario conditionnel lié à une nouvelle Constitution
Peter Kazadi a évoqué une hypothèse précise : si une réflexion nationale aboutissait à l’adoption d’une nouvelle Constitution et qu’un référendum populaire demandait au président de poursuivre sa mission, celui-ci pourrait accepter. « Le président n’a pas dit qu’il fera le troisième mandat. Le mandat du président se termine en 2028. Si à l’issue de la réflexion qui va être entreprise, la population à travers un référendum qui est d’ailleurs constitutionnel, lui demander de prendre un nouveau mandat sur base d’une nouvelle constitution qui sera adoptée, il va l’accepter parce qu’il s’agit d’un homme d’État qui accepte de prendre la charge publique pour sauver une nation en danger. Cela n’est pas une infraction à la Constitution », a-t-il déclaré. Ce mécanisme, bien que théorique, repose sur deux piliers : une révision constitutionnelle préalable et un vote populaire. Pour le citoyen, cela signifie que tout changement dépendrait d’un processus encadré, mais aussi d’une mobilisation potentielle aux implications économiques, comme les coûts d’organisation d’un référendum ou l’incertitude pesant sur les investissements.
La C64 accusée de stratégie politique
L’ancien vice-Premier ministre de l’Intérieur a également critiqué la coalition C64, l’accusant de chercher à tromper l’opinion publique. Selon lui, les accusations portées contre le chef de l’État relèvent davantage d’une stratégie visant à attirer l’attention qu’à défendre la Constitution. Cette confrontation entre majorité et opposition n’est pas sans effet sur la confiance des acteurs économiques : les débats prolongés sur les institutions peuvent freiner les décisions d’investissement et maintenir un climat d’attentisme préjudiciable à la création d’emplois et à la stabilité des prix.
Un contexte de tensions politiques persistantes
Ces échanges s’inscrivent dans un contexte marqué depuis plusieurs mois par de vives tensions autour de la question constitutionnelle. Le pouvoir et une partie de l’opposition s’opposent sur l’opportunité d’une révision ou d’un changement de la loi fondamentale. Pour les ménages, cette incertitude institutionnelle peut se traduire par une prudence accrue dans les dépenses et une réticence des banques à accorder des crédits, ralentissant ainsi l’activité économique locale. La clarification apportée par Peter Kazadi vise à rassurer, mais le débat reste ouvert et ses ramifications pratiques demeurent à surveiller.
Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
