Un incident technique survenu dans les installations de la Société Minière du Katanga (SOMIKA) à Kwampisha, dans le territoire de Kipushi (Haut-Katanga), a déclenché une controverse sur la pollution environnementale. Alors que l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) a évoqué un déversement d’effluents acides, la SOMIKA conteste fermement cette version, parlant d’une simple perforation de tuyau rapidement maîtrisée. Ce différend met en lumière les défis de la surveillance environnementale dans les zones minières, où les perceptions des communautés et les données techniques s’entrechoquent.
Un incident technique, pas une pollution acide selon la SOMIKA
L’alerte de l’IRDH, relayée par Hubert Tshiswaka Masoka, faisait état d’un déversement présumé d’effluents acides, suscitant des craintes pour la santé et l’environnement. La SOMIKA, par la voix de son directeur général Patrick Barudi, rejette ces allégations. Il explique que l’événement concernait la perforation d’un tuyau transportant une solution anodique chaulée, et non la rupture d’un bassin de rejets liquides. Le tuyau a été rapidement remplacé, et les observations n’ont révélé aucun signe de pollution acide des cours d’eau ou des zones agricoles.
Des dépôts blancs qui ne prouvent pas l’acidité
Les dépôts blancs observés sur le site, souvent perçus comme un signe de contamination, sont en réalité du gypse, un résidu du traitement des effluents à la chaux. Patrick Barudi insiste : ces dépôts ne constituent pas une preuve d’acidité. Pour la SOMIKA, le terme de pollution ne peut être utilisé qu’après des analyses démontrant un dépassement des seuils fixés par les normes environnementales. Les allégations de l’IRDH, selon lui, ne s’appuient sur aucune base scientifique vérifiable.
Un enjeu de confiance et de normes
Cette controverse souligne la nécessité d’une communication transparente et de contrôles réguliers. La SOMIKA affirme mener des évaluations environnementales internes et externes pour garantir le respect des normes. Pourtant, l’absence de données publiques immédiates sur les analyses peut alimenter les inquiétudes des populations locales, qui dépendent des ressources en eau et des terres agricoles pour leur subsistance.
Quelles conséquences pour les communautés locales ?
Si l’incident est resté limité, les craintes des habitants de Kwampisha ne sont pas à négliger. Dans une région où l’activité minière est intense, chaque signalement de pollution peut avoir des répercussions sur la santé publique et l’économie locale. Une contamination, même minime, pourrait affecter les cultures et l’élevage, bases de l’économie familiale. La SOMIKA, en tant qu’acteur économique majeur, a la responsabilité de rassurer par des preuves tangibles et un dialogue continu avec les communautés.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
