L’opposition congolaise a annoncé, ce jeudi, deux actions coordonnées visant à contester le projet de changement constitutionnel. Une plainte pour coup d’État contre la Constitution sera déposée le 9 juin contre le président Félix Tshisekedi, suivie d’un sit-in le 12 juin devant le Palais du peuple, siège du Parlement. Cette double offensive, judiciaire et populaire, marque une escalade dans la contestation de ce que l’opposition qualifie de tentative de confiscation du pouvoir.
Une qualification juridique rare et provocatrice
Le 9 juin, l’opposition procédera au dépôt d’une plainte formelle contre le chef de l’État. La qualification retenue, celle de coup d’État contre la Constitution, est délibérément provocatrice selon une source proche de l’opposition. Elle vise à placer le président Félix Tshisekedi au cœur d’un contentieux judiciaire autour du projet de changement de la loi fondamentale. Cette démarche, bien que symbolique, entend mobiliser l’attention sur la dimension constitutionnelle du débat et contester la légitimité du processus en cours.
Un sit-in devant le Parlement le 12 juin
Trois jours plus tard, le 12 juin, les opposants entendent descendre dans la rue. Un sit-in est prévu devant le Palais du peuple, siège du Parlement congolais, là même où se joue le sort constitutionnel. Cette action populaire vise à exercer une pression directe sur les parlementaires, au moment où le débat sur le changement constitutionnel pourrait s’intensifier. L’opposition entend ainsi mobiliser ses partisans pour contester ce qu’elle considère comme une menace contre l’ordre constitutionnel.
Une opposition résolue à utiliser tous les moyens légaux
Ces deux actions illustrent la détermination de l’opposition à contester par tous les moyens légaux à sa disposition le projet de changement constitutionnel. En combinant une voie judiciaire et une mobilisation de rue, elle cherche à créer un rapport de force et à inscrire sa contestation dans la durée. La plainte pour coup d’État, bien que peu susceptible d’aboutir sur le plan pénal, constitue un outil de communication politique. Le sit-in, quant à lui, permettra de mesurer la capacité de mobilisation de l’opposition dans la capitale.
Le calendrier annoncé place les autorités face à un double défi : répondre à une procédure judiciaire inédite visant le président et gérer une manifestation aux abords du Parlement. La réaction des forces de l’ordre et des institutions sera scrutée de près. L’opposition, en choisissant le Palais du peuple comme lieu de rassemblement, entend rappeler que le débat constitutionnel doit rester au cœur de l’espace public et parlementaire.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
