Le tonnerre a grondé sur le football congolais ce 21 mai. Véron Mosengo a été élu à la tête de la Fédération congolaise de football association (FECOFA). Une victoire qui dépasse le simple cadre électoral : c’est un électrochoc, un plébiscite pour le changement. Vingt-quatre heures plus tard, l’onde de cette élection n’a pas fini de résonner. Partout, des regards brillent d’un même espoir : la FECOFA va-t-elle enfin cesser de naviguer à vue ?
L’attente est à la mesure du désastre que le football congolais a traversé. Jean-Luc Kapend, secrétaire général du FC Saint-Éloi Lupopo, ne mâche pas ses mots. Avec la passion qui caractérise les bâtisseurs, il scande le besoin de professionnalisation. « Nous souhaitons qu’il respecte ce qu’il a promis : restructurer le football et le refonder comme il se doit. » Pour cet acteur de terrain, la bonne gouvernance n’est pas une option, c’est une urgence. « Une fédération qui travaille pour le présent et pour le futur, une fédération impartiale », voilà le défi que le nouveau patron doit relever. La FECOFA doit rompre avec les pratiques d’antan, ce foot bricolé qui a longtemps plombé son rayonnement.
Mais la révolution ne s’arrêtera pas à la seule élite masculine. Le football féminin congolais, longtemps parent pauvre, voit lui aussi une éclaircie. Olive Kolowa, présidente de la Ligue nationale de football féminin, affiche une confiance presque contagieuse. « Nos intentions, c’est l’espoir, c’est d’aller de l’avant comme jamais auparavant. L’expérience du président Véron est une expérience qui nous rassure. » Le programme de Mosengo, qui inclut la structuration du football féminin, est perçu comme un gage. Et si ce mandat était celui de la parité sur les terrains ?
Parlons infrastructures, le ventre mou du sport roi en RDC. Christian Mwanda, vice-président de l’AS Simba, n’a pas voté au hasard. « J’ai écouté son plan d’action. Tout ce qu’il nous a présenté m’a séduit, ce qui m’a poussé à lui faire confiance. Simba lui a donné sa voix. » Ce qui a fait chavirer son cœur ? L’engagement sur l’aménagement des stades. « Au Congo, nous manquons d’infrastructures adéquates. S’il parvient à mettre des stades à la disposition des équipes, nous continuerons à le soutenir », a-t-il insisté. Plus qu’un discours, une feuille de route à enclencher d’urgence pour sortir les clubs des terrains de fortune.
Quatre ans. C’est le temps dont dispose Véron Mosengo pour transformer l’essai. Professionnalisation, gouvernance FECOFA exemplaire, infrastructures sportives RDC dignes de ce nom, et développement du football féminin : la quadrature du cercle ? Le nouveau comité s’est engagé sur tous ces fronts. Mais la mémoire des supporteurs est courte et impitoyable. Résultat ou rien ? Le football congolais, riche de talents mais pauvre en structures, ne peut plus se permettre de faux départ. Les premières sorties du nouveau boss seront scrutées comme jamais.
Alors, Véron Mosengo sera-t-il le Messi de la gouvernance ? L’heure est aux promesses tenues. Le peuple du football a déposé un espoir immense dans cette élection. Les mots des Kapend, Kolowa et Mwanda résonnent comme des avertissements autant que des actes de foi. Le ballon est désormais dans le camp de la FECOFA. Le Congo du foot retient son souffle.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
