De violents affrontements ont secoué les villages de Bena Mukendi et Bena Mataamba, situés dans le territoire de Ngandajika, province de la Lomami, vendredi 15 mai. Un bilan provisoire fait état d’au moins cinq morts, une dizaine de blessés graves et d’importants dégâts matériels, selon des sources locales. Ces violences communautaires plongent la région dans une tension extrême.
Comment un conflit foncier latent a-t-il dégénéré en un affrontement meurtrier ? L’élément déclencheur serait la découverte d’un gisement minier, dont la nature exacte reste à ce jour inconnue. D’après l’administrateur du territoire de Ngandajika, tout est parti de l’arrivée d’un prospecteur étranger à la région. La présence de ce gisement minier en RDC, dans une zone déjà sensible, a immédiatement ravivé des querelles ancestrales sur les limites des terres entre les deux communautés voisines.
La dispute autour de ce gisement minier a rapidement tourné à la confrontation directe. Des armes blanches et des armes à feu ont été utilisées lors des affrontements de Ngandajika, selon des témoins. Le bilan des violences dans la Lomami reste cependant contradictoire. Alors que des sources locales proches de la population affirment que cinq morts sont à déplorer à Bena Mukendi, l’autorité territoriale ne reconnaît pour l’heure qu’un seul décès confirmé. Cette divergence de chiffres illustre la confusion qui règne sur le terrain.
En revanche, tous s’accordent sur l’ampleur des dégâts collatéraux : une dizaine de blessés graves, évacués vers des structures de santé de fortune, et plusieurs habitations réduites en cendres. Les incendies criminels, attisés par la fureur des combattants, ont ravagé des quartiers entiers, laissant des familles sans abri. Les violences de Ngandajika ont ainsi engendré un drame humanitaire dans cette partie de la Lomami.
Face à ce conflit minier en Lomami, un dispositif sécuritaire a été déployé en urgence par les autorités provinciales. Des éléments des forces de l’ordre ont été positionnés autour des villages pour prévenir toute escalade supplémentaire. L’administrateur du territoire a lancé un appel solennel à la retenue, exhortant les parties à privilégier la médiation pour résoudre ce différend foncier. « La violence ne peut qu’aggraver la situation », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de déterminer avec précision les limites territoriales afin d’apaiser les tensions.
Ce nouvel épisode de violences liées à un gisement minier en RDC rappelle la fragilité des équilibres sociaux dans les zones aurifères ou minières du pays. Alors que les enquêtes se poursuivent pour établir la nature exacte du minerai découvert et l’identité du prospecteur à l’origine des troubles, la population retient son souffle. Les morts de Bena Mukendi ne doivent pas rester sans justice, et la communauté appelle désormais à une intervention plus forte de l’État pour éviter que de tels affrontements ne se reproduisent.
Le territoire de Ngandajika, déjà marqué par des conflits récurrents, voit ainsi sa stabilité une nouvelle fois menacée par la convoitise des ressources naturelles. La question qui brûle toutes les lèvres : la médiation annoncée sera-t-elle suffisante pour panser les plaies de ce conflit minier en Lomami ?
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
