Le compte à rebours est lancé. Dans quelques semaines, le 30 juin 2026, le président Félix Tshisekedi coupera le ruban tricolore pour inaugurer officiellement le complexe sportif de Sainte-Thérèse, niché au cœur de la commune de N’djili. Mais derrière les sourires officiels et les discours convenus, une question brûle les lèvres : qu’est devenu le légendaire projet stade Etienne Tshisekedi abandonné ?
Souvenez-vous. En août 2024, l’ancien ministre des Sports, Didier Budimbu, promettait un stade flambant neuf de plus de 60 000 places, une enceinte de catégorie CAF 3, un joyau digne du père de l’actuel chef de l’État. Le chiffre faisait rêver, l’investissement annoncé frôlait les 60 millions de dollars. Puis, étrangement, le discours s’est fissuré. On évoqua ensuite 40 000 places, avant que le projet ne s’évapore totalement des radars officiels. Que s’est-il passé ?
Selon plusieurs sources proches du dossier, des contraintes techniques colossales auraient eu raison de l’ambition initiale. Un sol capricieux, des études géotechniques alarmantes, une facture qui gonflait dangereusement… le gouvernement a préféré jeter l’éponge, laissant le géant fantôme du stade Étienne Tshisekedi hanter les mémoires. C’est alors qu’une entreprise française, dont le nom n’a pas été divulgué, est entrée en scène pour redresser le barre, avec une mission claire : construire, vite et à moindre coût.
Le résultat ? Une infrastructure sportive RDC 2026 à des années-lumière des projections initiales. Le complexe sportif de Sainte-Thérèse alignera à peine 900 places assises, réparties entre un mini-stade de football, un gymnase couvert et quelques espaces multisports. Un mini-stade de 900 places quand on attendait une cathédrale de 60 000 âmes ? Le contraste est saisissant. Comment ne pas y voir le symbole d’un déclassement brutal de l’ambition nationale ?
Pourtant, les ouvriers s’activent. Le chantier est exécuté à 93 %, et les finitions laissent entrevoir un écrin modeste mais fonctionnel. Le président Félix Tshisekedi, fidèle à son agenda, a confirmé sa présence pour l’inauguration du complexe sportif le jour même de la fête de l’indépendance. Une date lourde de sens, qui devrait célébrer la grandeur retrouvée, mais qui souligne en creux les renoncements.
Pour les amoureux de ballon rond, cette livraison a un goût amer. La commune de N’djili, poumon populaire de Kinshasa, se voit offrir un équipement qui, certes, manquait cruellement, mais à l’échelle d’un simple quartier. Où sont passés les rêves de Ligue des champions, les gradins rugissants, l’effervescence d’un grand stade ? Le complexe sportif 900 places Kinshasa ne pourra même pas accueillir les matchs de division 1 du championnat national. Il servira avant tout au sport de proximité et aux scolaires.
Certains y verront une leçon d’humilité budgétaire dans un contexte économique difficile. D’autres dénoncent un cafouillage monumental et un manque de vision stratégique pour le sport congolais. Une chose est sûre : le projet stade Etienne Tshisekedi abandonné restera comme l’un des épisodes les plus désolants de la mandature. Et l’inauguration imminente du stade Sainte-Thérèse N’djili, sobrement rebaptisé complexe sportif, ne pourra pas effacer cette promesse envolée.
Alors, le 30 juin, quand Félix Tshisekedi déclarera ouverte cette installation, que retiendra l’histoire ? Un président qui aura livré un équipement de proximité, ou un chef d’État qui aura vu son grand œuvre se muer en symbole d’impuissance ? Rendez-vous dans moins de deux mois pour le verdict.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Eventsrdc
