AccueilActualitéSantéEquateur : 383 infirmiers prêtent serment, un nouvel élan pour la couverture...

Equateur : 383 infirmiers prêtent serment, un nouvel élan pour la couverture santé

Ce mardi 12 mai, à l’occasion de la Journée internationale de l’infirmière, 383 nouveaux infirmiers ont officiellement prêté serment à Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Équateur. Un geste solennel qui marque leur entrée dans la profession et leur engagement à respecter une éthique irréprochable dans les soins. Mais au-delà du symbole, cet événement vient combler un vide criant dans le système de santé local, tout en soulevant des questions sur les conditions d’exercice de ces professionnels tant sollicités.

Ces infirmiers, venus des sept territoires de la province – Bikoro, Ingende, Lukolela, Bolomba, Basankusu, Bomongo et Makanza – ainsi que de la ville de Mbandaka, ont récité le serment de Florence Nightingale. En prêtant ce serment, ils s’engagent à « se consacrer au bien-être des personnes confiées à leurs soins », un pilier de la déontologie infirmière. La cérémonie, présidée par le gouverneur intérimaire Thomas Boyenge Ifaso, a mis en lumière le rôle crucial de ces professionnels dans la couverture sanitaire universelle, ce programme national qui vise à garantir à chaque Congolais des soins de qualité sans barrière financière.

Concrètement, que change cette vague de nouvelles recrues ? L’Ordre des infirmiers de l’Équateur, par la voix de son président provincial Jean-Claude Mokobela, annonce que la province compte désormais 1 910 infirmiers officiellement inscrits. Une progression significative qui, selon lui, « renforce la capacité de réponse sanitaire de la division provinciale de la santé ». Car dans une région où les distances sont immenses et les structures de santé souvent délabrées, chaque infirmier supplémentaire peut faire la différence entre la vie et la mort pour un patient isolé.

Mais si ces renforts sont une bonne nouvelle, ils ne masquent pas les défis quotidiens. Pourquoi tant de jeunes diplômés hésitent-ils à rejoindre les zones rurales ? La raison est simple : des salaires insuffisants, un manque criant de matériel, des conditions de travail précaires. Le président provincial de l’Ordre a profité de la tribune pour interpeller le gouvernement central : « Il est temps d’améliorer les conditions socioprofessionnelles et la rémunération des infirmiers en RDC », a-t-il plaidé. Un appel qui résonne comme une urgence sanitaire, car un soignant démotivé ou sous-équipé ne peut prodiguer des soins de qualité.

L’autre enjeu soulevé lors de cette cérémonie est celui de la légalité de l’exercice. Boku Chérif, président urbain de l’Ordre, a rappelé aux autorités et aux organisations non gouvernementales l’obligation de n’employer que des infirmiers assermentés. Une exigence inscrite dans l’article 5 de la loi du 13 juillet 2016 régissant la profession. En clair, tout infirmier qui n’a pas prêté serment exerce dans l’illégalité. Cette mesure vise à protéger les patients contre les charlatans et à professionnaliser le métier. Une piqûre de rappel nécessaire, car dans certaines contrées, l’absence de contrôle favorise les pratiques dangereuses.

Alors, que retenir de cette journée ? D’abord, que la couverture sanitaire universelle ne se décrète pas : elle se construit patiemment, avec des hommes et des femmes formés, engagés et soutenus. Ensuite, que l’Ordre des infirmiers joue un rôle de garde-fou, aussi bien pour la qualité des soins que pour la défense des droits de ses membres. Enfin, une question s’impose : le gouvernement saura-t-il transformer cet élan en une véritable politique de valorisation des ressources humaines en santé ? Les 383 nouveaux assermentés attendent des actes, pas des promesses.

En attendant, les populations de l’Équateur peuvent espérer des soins plus accessibles et plus sûrs. Chaque habitant, du territoire de Bolomba à celui de Makanza, devrait pouvoir compter sur un infirmier compétent, respectueux du secret médical et animé par la vocation de soulager. Ce serment est un premier pas. Reste à accompagner ces professionnels pour qu’ils ne soient pas les derniers à prêter ce noble engagement.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

Commenter
Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Are you human? Please solve:Captcha


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 12 Mai 2026

Le 12 mai 2026 en RDC : crise politique inédite au Maniema, signature d’accords sécuritaires majeurs avec l’Ouganda, tensions xénophobes en Afrique du Sud, explosion du braconnage au Virunga, éducation fragilisée à Djugu, paix continentale au cœur du sommet de Nairobi, et coup de filet policier à Lubumbashi. Restez au fait de l’essentiel en 3 minutes.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques