À un moment où la ville de Kinshasa est confrontée à une recrudescence de la criminalité, le commissariat provincial de la Police nationale congolaise (PNC) a inauguré ce 12 mai une session de recyclage destinée à 66 officiers de police judiciaire (OPJ). Organisée avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de la police de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), cette formation se déroulera sur trois semaines, jusqu’au 8 juin.
L’objectif affiché par les organisateurs est de renforcer les capacités techniques, juridiques et éthiques des participants, afin d’améliorer significativement la qualité des procédures, la crédibilité des enquêtes et, in fine, la confiance de la population envers les institutions judiciaires. Comment y parvenir sans une actualisation rigoureuse des compétences des acteurs de la chaîne pénale ? C’est à cette question que tente de répondre ce programme intensif de recyclage des OPJ, conçu comme une réponse concrète à l’exigence croissante de reddition des comptes.
Le partenariat interinstitutionnel affiche ici toute sa pertinence. La coordination entre le PNUD, la MONUSCO et la police judiciaire congolaise illustre une approche cohérente de renforcement des capacités, où chaque partenaire apporte son expertise. Le représentant résident du PNUD, Stéphane Mulowayi, a souligné que la mise à jour régulière des savoir-faire des OPJ est une nécessité absolue, ces derniers jouant un rôle clé dans la recherche de la vérité et la lutte contre l’impunité. Sans une maîtrise pointue des procédures, insiste-t-il, la confiance du citoyen s’érode.
Du côté de la MONUSCO, le coordonnateur adjoint de la formation a mis l’accent sur l’importance de la parfaite connaissance de la loi. « Les OPJ ont tout intérêt à maîtriser le droit pour assurer une qualification juridique correcte des faits et éviter de biaiser la chaîne pénale », a-t-il déclaré, rappelant que chaque erreur procédurale peut entraîner l’impunité des auteurs de crimes. Dans un contexte où la criminalité à Kinshasa connaît une pression certaine, ces mises en garde résonnent comme un rappel à l’ordre. La formation policière en RDC est donc perçue comme un levier essentiel de modernisation.
Le Directeur général adjoint des Ecoles de formation de la PNC a, quant à lui, formulé le vœu que les enseignements dispensés au cours de cette session ne restent pas lettre morte. Il a plaidé pour une intégration immédiate et effective des compétences acquises dans les pratiques quotidiennes, condition sine qua non pour renforcer l’efficacité des enquêtes, assurer le strict respect des procédures et protéger les droits des justiciables. La PNC à Kinshasa mise ainsi sur des OPJ recyclés pour rétablir une police judiciaire digne de ce nom.
Cette initiative intervient alors que les attentes de la population en matière de justice sont de plus en plus pressantes. Le recyclage des OPJ, en mettant l’accent sur l’éthique et la déontologie, vise à recoudre le lien de confiance entre la police et le citoyen. Il ne s’agit pas seulement d’obtenir des condamnations, mais de garantir que chaque étape de l’enquête respecte scrupuleusement le droit. La crédibilité des enquêtes, de la garde à vue à la présentation devant le magistrat, est en jeu.
Ultime verrou contre l’impunité, la fonction d’officier de police judiciaire exige une formation continue. Les 66 OPJ concernés par cette session seront appelés à démontrer, dans les semaines et les mois à venir, si ce recyclage a porté ses fruits. La PNC, le PNUD et la MONUSCO ont posé les jalons d’une police judiciaire plus performante ; il appartient désormais aux récipiendaires de faire évoluer la pratique sur le terrain.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
