AccueilActualitéSecuritéMalgré Doha, Washington condamne frappe drone et massacres à Uvira

Malgré Doha, Washington condamne frappe drone et massacres à Uvira

La situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo connaît une nouvelle escalade meurtrière. Au lendemain de la rencontre de Montreux, en Suisse, où le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 se sont retrouvés sous l’égide du Qatar, les espoirs de paix s’effondrent sous les bombes. Les États-Unis d’Amérique, médiateur clé dans la crise des Grands Lacs, viennent d’élever la voix pour condamner une frappe de drone à Mushaki, dans le Nord-Kivu, ainsi que les massacres commis près d’Uvira, au Sud-Kivu.

La condamnation américaine de la frappe drone est tombée comme un avertissement cinglant. « Toutes les parties doivent faire preuve de la plus grande retenue, respecter leurs engagements de cessez-le-feu, protéger les civils et s’engager dans un dialogue et une désescalade », a martelé le Bureau Afrique du Département d’État sur le réseau X. Pourtant, sur le terrain, la réalité est tout autre. Comment maintenir un cessez-le-feu quand des drones armés sèment la mort dans des zones densément peuplées ?

L’attaque de Mushaki, dans le territoire de Masisi, a été immédiatement attribuée aux forces gouvernementales par le mouvement politico-militaire AFC/M23. Son porte-parole, Lawrence Kanyuka, a dénoncé une « campagne barbare de bombardements indiscriminés visant les populations civiles ». Des drones de combat du régime de Kinshasa auraient largué des bombes, provoquant un véritable carnage. « Personne ne peut garder le silence face à ces bombardements aveugles qui endeuillent quotidiennement les familles congolaises », a-t-il écrit. La rébellion qualifie cette deuxième frappe en peu de temps d’« escalade d’une extrême gravité » et accuse directement le camp adverse de terroriser les civils.

Du côté gouvernemental, les Forces armées de la RDC n’ont pas encore réagi officiellement à ces développements. Ce silence contraste avec la virulence des accusations portées par l’AFC/M23, qui y voit une volonté délibérée de violer le processus de Doha. Pour le mouvement rebelle, cette attaque constitue une violation flagrante des engagements pris lors des pourparlers médiés par le Qatar. Le processus de Doha, censé ramener la confiance entre les belligérants, semble n’avoir accouché que de méfiance et d’une surenchère verbale.

Les massacres d’Uvira, dans le Sud-Kivu, ajoutent une couche d’horreur à un tableau déjà sanglant. Si les détails restent encore flous, Washington les a explicitement mentionnés dans sa condamnation, les liant à la même spirale de violence. Des sources locales évoquent des tueries de civils, mais il est difficile d’en établir l’ampleur avec certitude. Ces exactions soulèvent une question lancinante : alors que les négociations se succèdent, pourquoi les populations continuent-elles de payer le prix le plus lourd ?

Chaque trêve annoncée est presque immédiatement piétinée. Kinshasa et la rébellion s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu en RDC, un cessez-le-feu que tous avaient pourtant accepté. Depuis Montreux, les combats n’ont pas cessé. Les drones, les massacres, les embuscades rythment le quotidien des provinces du Nord et du Sud-Kivu. Les avancées diplomatiques espérées sur le papier s’effacent devant une réalité de cendres et de sang. L’impasse est totale.

Cette nouvelle escalade met en lumière l’échec cuisant des médiations. Le processus de Doha, dernier-né des tentatives de paix, paraît déjà à bout de souffle. L’AFC/M23 dénonce des bombardements aveugles, tandis que des sources militaires, sous couvert d’anonymat, évoquent des ripostes aux provocations rebelles. Un dialogue de sourds où chaque camp campe sur ses certitudes, laissant les civils broyés au milieu.

Face à cette dégradation continue, la condamnation américaine de la frappe drone et des massacres d’Uvira sonne comme un rappel à l’ordre, mais aura-t-elle un effet dissuasif ? Rien n’est moins sûr dans une région où les mots pèsent moins que les armes. Les regards se tournent désormais vers le prochain round de discussions, mais il faudra plus qu’une déclaration pour faire taire les drones et apaiser les douleurs de Mushaki, d’Uvira, et de tant d’autres villages meurtris.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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