AccueilActualitéSecuritéAttaques de drones à Mushaki : Nangaa accuse Kinshasa de massacres

Attaques de drones à Mushaki : Nangaa accuse Kinshasa de massacres

Une série d’incidents d’une violence inouïe secoue l’Est de la République démocratique du Congo. Des attaques de drones à Mushaki, localité située à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, et des massacres perpétrés dans les environs d’Uvira, au Sud-Kivu, ont relancé les tensions. Ces évènements tragiques, survenus dans un climat d’hostilités persistantes entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, ont immédiatement suscité de vives réactions.

En effet, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, est monté au créneau ce samedi 9 mai 2026. Dans une déclaration diffusée sur son compte X, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a qualifié ces actes de « crimes » imputables au régime de Kinshasa. Selon lui, « des Congolais innocents ont été tués hier à Mushake » lors de bombardements qu’il décrit comme « mieux identifiés, connus, observés et documentés ». Il avance un bilan provisoire de « plus de trente morts et plusieurs blessés ».

Corneille Nangaa accuse directement le gouvernement de la RDC. Il dénonce un « régime illégitime de Kinshasa » qui, selon sa version, bénéficierait du soutien non dissimulé des États-Unis d’Amérique pour perpétrer ces exactions. La déclaration évoque pêle-mêle la présence de forces alliées à Kinshasa : l’armée burundaise, des mercenaires colombiens et américains, les FDLR, les Wazalendo et d’autres « forces négatives à sa solde ». Pour le leader politique de l’AFC/M23, ces frappes et massacres exigent « une condamnation claire et une identification sans ambiguïté du responsable—le régime corrompu et sanguinaire de Kinshasa ».

Au-delà de la dénonciation des faits, Nangaa a fustigé ce qu’il perçoit comme une instrumentalisation des accords miniers signés entre le président Félix Tshisekedi et les États-Unis. Il estime que ces ententes offrent au régime une « impunité absolue » qui lui permettrait de « massacrer des populations civiles sans défense » et de violer les accords de paix sans conséquence. Une rhétorique qui s’inscrit dans une logique d’escalade verbale entre les belligérants.

Mais ce n’est pas tout : l’ancien président de la CENI a également pointé du doigt la réaction du Département d’État américain. Par la voix de son Bureau des Affaires africaines, Washington aurait adopté une position jugée « timide et équivoque », incapable de désigner clairement l’auteur des bombardements par drones. Nangaa s’indigne : « Cette ambiguïté est, à tout le moins, profondément regrettable. Sa prise de position […] est indigne de la gravité des faits. » Il accuse même cette réponse de « discréditer et fragiliser la médiation », en renvoyant « dos à dos victimes et responsables », ce qui soulèverait des « interrogations sérieuses quant au respect des principes de neutralité, d’impartialité et de crédibilité ».

Ces déclarations tonitruantes surviennent alors que les pourparlers de paix entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 sont dans l’impasse. La rencontre de Montreux, en Suisse, n’a pas permis de dégager un consensus durable. Chaque camp accuse l’autre de violer les engagements, citant notamment la poursuite des affrontements et l’usage de drones. Les progrès espérés sur le papier cèdent la place à une méfiance croissante et à un blocage diplomatique préoccupant.

Le processus de Washington, qui tente de résoudre la crise entre la RDC et le Rwanda, connaît des difficultés analogues. Malgré des réunions entre médiateurs et facilitateurs, la situation sur le terrain reste explosive. Les dispositions des accords sont interprétées de manière divergente, ce qui complique toute application concrète. Le conflit armé dans l’Est de la RDC, alimenté par les actions de l’AFC/M23 et les réponses des forces loyalistes, s’enlise dangereusement.

Pendant ce temps, les attaques de drones à Mushaki et les massacres près d’Uvira continuent de creuser le fossé entre les parties. L’incapacité de la communauté internationale à condamner fermement ces violences et à identifier les responsables réels attise les accusations. Chaque jour qui passe sans une résolution ferme du conflit armé à l’Est de la RDC aggrave le calvaire des populations civiles, prises en tenaille entre les belligérants. La question demeure : jusqu’à quand ces cycles de violence resteront-ils impunis ?

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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