Le bilan de l’attaque meurtrière perpétrée par les rebelles ADF ce jeudi 7 mai à Biakato, chef-lieu de la chefferie des Babila Babombi dans le territoire de Mambasa (Ituri), s’est considérablement alourdi. Alors qu’un premier décompte faisait état de trois corps découverts, des sources locales rapportent désormais au moins 14 victimes civiles. Cette attaque ADF Biakato plonge la région dans l’effroi et ravive les interrogations sur la capacité des forces de l’ordre à protéger les populations.
L’incursion rebelle ADF a ciblé le quartier Laliya en pleine journée, prenant les habitants par surprise alors qu’ils vaquaient à leurs occupations. Les assaillants ont ouvert le feu, tuant plusieurs civils sur place et blessant deux autres par balles. Des témoins ont décrit des scènes de chaos : les rebelles ont ensuite pillé des maisons de commerce avant de les incendier. « L’ennemi a surpris la population en pleine activité. Nous avons vu des corps et des maisons attaquées », a confié un habitant, sous le choc.
La société civile locale, par la voix de son coordonnateur Yuma Ilurani, a confirmé ce lourd bilan et déploré l’absence de réaction préventive malgré des alertes répétées. « Nous déplorons cette incursion des ADF à Biakato ayant causé la mort de plus de 14 personnes et des dégâts matériels importants. Nous recommandons aux FARDC basées à Biakato et ses environs de poursuivre l’ennemi et de le neutraliser », a-t-il déclaré, soulignant que la persistance de ces attaques illustre les limites du dispositif sécuritaire actuel.
Mambasa sécurité : un échec patent ? Alors que les victimes civiles Ituri s’accumulent, la question de l’efficacité de la protection des zones rurales se pose avec acuité. Combien de familles encore devront prendre la fuite pour échapper aux balles des islamistes ? Car l’attaque a provoqué un déplacement massif des habitants du centre de Biakato. Craignant de nouvelles exactions, de nombreuses familles ont abandonné leurs foyers pour se réfugier dans des zones présumées plus sûres, paralysant toute activité économique dans cette partie du territoire.
Même après une intervention des Forces armées de la RDC, une partie de la population continue de quitter les lieux, signe d’une défiance profonde envers l’État. La crise humanitaire Mambasa s’aggrave : des centaines de déplacés manquent de vivres et d’abris, tandis que l’aide tarde à se matérialiser. Les jeunes leaders de Mambasa ont d’ailleurs exprimé leur solidarité envers les familles endeuillées, tout en appelant la population à la vigilance.
Fait troublant, jusqu’à ce vendredi, ni les FARDC ni l’administrateur du territoire n’ont publié de communication officielle sur cette attaque meurtrière. Ce silence nourrit les frustrations et laisse les habitants dans l’incertitude la plus totale. Cette nouvelle incursion rebelle ADF s’inscrit dans une recrudescence des violences attribuées aux ADF dans les territoires de Mambasa et d’Irumu, qui alimente une crise sécuritaire et humanitaire persistante. Le sang des civils continue de couler, dans l’indifférence ou l’impuissance des porteurs d’autorité.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
