Combien de temps encore les zones minières du Haut-Katanga resteront-elles le théâtre d’attaques meurtrières ? La question se pose avec une urgence nouvelle après l’embuscade qui a visé, le 2 mai 2026, un convoi de prospection minière à Luisha, à 67 kilomètres de Likasi. L’Inspection Générale des Mines (IGM) a confirmé, dans un communiqué publié ce 3 mai, un incident sécuritaire d’une rare gravité.
Selon les informations disponibles, deux véhicules effectuant une mission de reconnaissance ont été interceptés par des individus armés et cagoulés sur l’axe reliant le site de Pumpe à la route de Likasi. Des coups de feu ont éclaté. Des témoins évoquent des tirs nourris qui ont semé la panique. Le bilan provisoire, communiqué par l’IGM, fait état de deux victimes congolaises : un géologue et son chauffeur ont péri sur le coup. Un troisième passager, lui aussi de nationalité congolaise, a été grièvement blessé et évacué d’urgence. Mais l’attaque ne s’est pas arrêtée aux tirs : un expatrié ainsi qu’un autre citoyen congolais ont été pris en otage. Ils n’ont été relâchés que plusieurs heures plus tard, après le versement d’une rançon dont le montant n’a pas été divulgué.
Cette attaque de convoi minier près de Likasi n’est pas un acte isolé. L’IGM déplore une dégradation préoccupante de la sécurité dans plusieurs zones d’exploitation du Haut-Katanga. L’inspecteur général évoque « une présence croissante d’individus armés », qu’il s’agisse d’éléments incontrôlés, de groupes armés ou d’autres acteurs non étatiques. Des incidents similaires – braquages, kidnappings, tirs – ont été rapportés à plusieurs reprises ces dernières semaines dans cette même région. L’insécurité dans les zones minières congolaises s’installe comme un fléau chronique, menaçant les travailleurs comme les investissements. La sécurité des mines au Haut-Katanga devient ainsi un enjeu prioritaire pour la survie du secteur.
Face à cette recrudescence, l’IGM appelle à un renforcement immédiat des dispositifs de protection. « Il en va de la stabilité des opérations et du climat des affaires », souligne le communiqué. Les morts et les otages enregistrés dans les mines de la RDC, à l’image du drame de Luisha, illustrent la vulnérabilité d’un secteur vital pour l’économie nationale. Les opérateurs miniers, déjà confrontés à un environnement des affaires fragile, redoutent que chaque nouvel incident n’érode davantage la confiance des partenaires étrangers et ne ralentisse l’exploitation des ressources. L’urgence est donc de coordonner les forces de l’ordre, les autorités provinciales et les entreprises pour sécuriser les axes empruntés par les convois miniers.
Des investigations ont été ouvertes pour identifier les auteurs de ce crime et les poursuivre conformément à la loi. L’IGM assure que toute la lumière sera faite sur l’incident de Luisha. En attendant, les questions fusent : jusqu’à quand les richesses congolaises feront-elles couler le sang ? L’insécurité dans les zones minières ne peut plus être traitée comme une simple parenthèse.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
