Dans la province du Sud-Ubangi, une double menace sanitaire frappe durement les populations vulnérables. Depuis le 30 mars, Médecins Sans Frontières (MSF) a pris en charge 1 478 cas de rougeole, dont 184 associés à la malnutrition, ainsi que 2 192 cas de paludisme, principalement à Karawa. Ces chiffres, communiqués par l’organisation humanitaire, révèlent l’ampleur d’une crise qui touche en priorité les enfants de moins de cinq ans.
Face à cette situation, MSF a déployé six structures de santé dans les zones les plus affectées. « La rougeole et le paludisme sont des tueurs silencieux en RDC, surtout quand ils frappent des enfants déjà affaiblis par la malnutrition », explique un responsable de l’organisation. Pour endiguer l’épidémie, MSF assure la prise en charge des cas de rougeole pour tous les âges, y compris les enfants de 6 à 59 mois souffrant de malnutrition associée, ainsi que des cas de paludisme chez les moins de cinq ans. Cette réponse s’accompagne d’une campagne de vaccination de masse lancée le 21 avril par le ministère de la Santé.
Mais la situation est loin d’être maîtrisée. À Bokonzi, toujours dans le Sud-Ubangi, une flambée de rougeole est en cours. Depuis fin janvier, les équipes d’urgence de MSF, en partenariat avec les autorités sanitaires, y mènent une riposte sur le terrain. La vaccination et la sensibilisation communautaire sont mises en avant pour protéger les enfants et freiner la propagation. Comment expliquer que, malgré les efforts, la rougeole continue de faire des ravages ? Les experts pointent du doigt la faible couverture vaccinale et les difficultés d’accès aux soins dans les zones rurales.
L’épidémie de rougeole a été officiellement déclarée le 18 février 2026 dans l’ensemble des 16 zones de santé de la province. Depuis janvier 2026, 4 189 cas ont été enregistrés, dont 71 décès. Cette déclaration est intervenue à l’issue d’une réunion du Comité de coordination des urgences de santé publique, présidée par l’autorité provinciale, en présence du ministre provincial de la Santé, de celui de l’Éducation, du chef de la Division provinciale de la santé, du chef d’antenne provincial du Programme élargi de vaccination, ainsi que des partenaires techniques et financiers. Au cours de cette réunion, la situation sanitaire de la province a été passée au crible et les préparatifs de la campagne de vaccination contre la rougeole, intégrée à la poliomyélite et prévue à partir du 23 mars, ont été évalués. Selon les statistiques, les enfants de moins de cinq ans demeurent les plus touchés.
Le paludisme, quant à lui, reste un fléau permanent. Avec 2 192 cas pris en charge depuis fin mars, il alourdit encore le fardeau des structures sanitaires locales. « Nous devons agir vite, car chaque jour perdu peut coûter la vie à des enfants », alerte un infirmier de Karawa. L’intensification de la prise en charge et la vaccination de masse apparaissent essentielles pour contenir l’épidémie, tandis que le renforcement de l’accès aux soins et de la couverture vaccinale demeure déterminant pour un contrôle durable. La question qui se pose est simple : comment éviter que cette crise ne s’aggrave encore ? La réponse passe par une mobilisation de tous les acteurs, de la communauté locale aux partenaires internationaux.
Sur le terrain, la situation reste préoccupante. Les équipes de MSF multiplient les interventions, mais les ressources sont limitées. La rougeole et le paludisme ne sont pas invincibles, mais ils exigent une réponse coordonnée et urgente. Pour les habitants du Sud-Ubangi, l’espoir repose sur la vaccination et sur la solidarité. Comme le rappelle un responsable sanitaire : « Chaque dose de vaccin est un bouclier contre la mort, chaque moustiquaire est une barrière contre le paludisme. » Mais il faudra bien plus que cela pour venir à bout de cette double épidémie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
