AccueilActualitéSecuritéMeurtre du taximan Sadam Django : des militaires mis en cause à...

Meurtre du taximan Sadam Django : des militaires mis en cause à Parezi Ubundu

Deux militaires ont abattu un conducteur de taxi moto, dimanche 3 mai, dans une forêt proche de Parezi, localité située à 148 kilomètres de Kisangani, dans le territoire d’Ubundu, province de la Tshopo. La dispute, selon les premiers éléments de l’enquête, portait sur le prix de la course.

Sadam Django, 26 ans, a été retrouvé sans vie, le thorax traversé par des balles. Son collègue taximan, qui a ramené le corps à Kisangani, a témoigné des circonstances du drame. La moto et le téléphone portable de la victime n’ont pas été emportés par les deux militaires, précise-t-il.

Sadam avait quitté Kisangani la veille, samedi. Il devait déposer ses clients près de leur destination finale. Peu avant son assassinat, il a échangé avec les deux hommes, qui auraient manifesté l’intention de ne pas payer le voyage. Le collègue, revenu du lieu du drame, rapporte que les discussions ont dégénéré rapidement.

Un des militaires a été arrêté par la population, selon une vidéo diffusée par le même taximan. Les images montrent un groupe de personnes maîtrisant un homme en tenue militaire, visiblement sous le choc. L’identité du suspect n’a pas encore été officiellement communiquée. Le second militaire serait en fuite.

Ce meurtre du taximan à Kisangani relance le débat sur la sécurité des conducteurs de taxi moto dans la région de la Tshopo. Les violences entre militaires et civils, souvent liées à des conflits tarifaires ou à des tensions quotidiennes, sont régulièrement dénoncées par les associations de défense des droits humains. La mort de Sadam Django illustre une nouvelle fois la fragilité du respect des règles dans les interactions entre forces armées et population.

Le corps de la victime a été transporté à la morgue de Kisangani en attendant une autopsie. La famille de Sadam Django, originaire du quartier Makiso, pleure un jeune homme décrit comme paisible et travailleur. « Il cherchait simplement à gagner sa vie », a confié un voisin sous le choc.

Les autorités locales n’ont pas encore réagi officiellement. Une enquête a été ouverte par le parquet militaire de Kisangani. La société civile locale réclame des mesures concrètes pour éviter que de tels drames ne se reproduisent. La présence militaire dans la zone d’Ubundu, déjà marquée par des tensions avec les populations rurales, est pointée du doigt.

Ce drame survient dans un contexte où les violences contre les taximen sont en hausse dans plusieurs provinces de la RDC. Les conducteurs, souvent exposés à des risques d’agression, réclament une meilleure protection. L’affaire Parezi Ubundu pourrait devenir un symbole de cette insécurité quotidienne.

L’un des militaires interpellé est actuellement détenu dans un lieu tenu secret. Les enquêteurs tentent de déterminer les circonstances exactes du tir. La thèse de la dispute sur le prix de la course semble privilégiée, mais aucune conclusion officielle n’a été publiée. Sadam Django laisse derrière lui une famille et une communauté choquée par cette fin brutale.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

Commenter
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Brief du Jour du 04 Mai 2026

En ce 4 mai, la RDC fait face à de nouveaux défis sécuritaires, avec des incursions armées en Ituri, mais aussi à une mobilisation inédite pour l’Examen d’État, malgré les menaces à l'Est. Tandis que le mobile money tire l’inclusion financière vers le haut, la presse de l’Est reçoit un vibrant hommage pour son courage. Retrouvez les temps forts de l’actualité du jour dans ce brief complet.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques