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Mbuji-Mayi plongée dans le noir : la chute des pylônes électriques paralyse la ville

Depuis mercredi dernier, une large partie de la ville de Mbuji-Mayi et des cités environnantes vit dans l’obscurité. L’effondrement de deux pylônes électriques de haute tension, emportés par les eaux après une pluie torrentielle, a plongé des milliers de familles dans une situation de précarité inédite. « On n’a plus de lumière depuis trois jours. Les enfants ne peuvent plus étudier le soir, et les commerces ferment plus tôt. C’est un vrai calvaire », témoigne Joseph, un habitant du quartier industriel de la ville. Ce désastre survient dans une région où l’accès à l’électricité est déjà précaire, et où chaque coupure aggrave les difficultés quotidiennes.

Les deux pylônes, qui transportaient l’énergie produite par la centrale hydroélectrique de Tubitubidi, gérée par la Société Anhui Congo d’investissement minier (SACIM), se sont écroulés dans un ravin du secteur de Kakangayi, groupement de Bena Tshimungu, plus précisément dans le village de Bena Mukendi. La chute de ces infrastructures a provoqué une coupure d’électricité totale dans plusieurs cités voisines, notamment Miabi, Kabeya-Kamuanga, Katende et Boya. Comment une simple pluie peut-elle paralyser ainsi toute une région ? C’est la question que se posent les habitants, excédés par cette panne d’électricité qui semble n’en finir plus.

La Société nationale d’électricité (SNEL) du Kasaï-Oriental a rapidement réagi. Le directeur provincial, Crispin Mukendi, s’est rendu sur les lieux dès le lendemain de l’incident pour évaluer les dégâts. Dans une déclaration à la presse, il a assuré que « les équipes techniques sont déjà à pied d’œuvre pour rétablir la fourniture d’énergie dans les meilleurs délais ». Mais pour l’instant, aucune échéance précise n’a été communiquée. Les pylônes électriques endommagés nécessitent des réparations lourdes, et les moyens disponibles sur place semblent limités. Cette incertitude alimente la colère des populations.

Du côté de la société civile, l’impatience grandit. À Miabi, une marche pacifique a été organisée pour dénoncer cette situation. « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés pendant que nos villes sont plongées dans le noir. La SNEL doit agir vite, et l’État doit investir dans des infrastructures plus résistantes », a lancé l’un des leaders de la manifestation. Les images des pylônes couchés dans le ravin rappellent la fragilité du réseau électrique congolais, souvent victime d’intempéries, de vols de câbles ou de manque d’entretien.

À Mbuji-Mayi, les conséquences sont multiples. Sans électricité, les petits commerces perdent leur chiffre d’affaires, les hôpitaux peinent à conserver les vaccins, et les ménages dépensent des sommes folles en bougies et en groupes électrogènes. « C’est un cercle vicieux. On paie déjà cher l’électricité, et quand elle vient à manquer, c’est encore nous qui trinquons », soupire une mère de famille, assise devant sa maison plongée dans l’obscurité. La panne d’électricité touche directement les plus vulnérables, dans une région où le taux de pauvreté reste élevé.

Alors que les équipes de la SNEL Kasaï-Oriental s’affairent sur le site, les regards sont tournés vers l’avenir. Cette coupure d’électricité met en lumière les lacunes structurelles du réseau. Les pylônes électriques, souvent vieillissants et mal entretenus, ne résistent pas aux aléas climatiques. « Il faut revoir toute la stratégie de maintenance et de sécurisation du réseau », plaident des experts locaux. La reconstruction des deux pylônes pourrait prendre plusieurs semaines, laissant Mbuji-Mayi et ses environs encore longtemps dans le noir.

En attendant, les habitants s’organisent comme ils peuvent. Certains se tournent vers les panneaux solaires, d’autres vers les générateurs partagés. Mais ces solutions restent coûteuses et inaccessibles pour la majorité. La question demeure : combien de temps encore faudra-t-il vivre sans lumière ? Pour l’instant, la seule certitude est que cette panne d’électricité restera dans les mémoires comme l’une des plus longues et des plus dévastatrices de la région.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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