Le soleil n’était pas encore levé sur Goma que déjà une foule bigarrée s’était massée au bord de la route. Motards, influenceurs, simples citoyens : tous étaient là pour un même homme, un même rêve. Miguel Masaisai, le cycliste congolais au cœur de lion, s’apprêtait à lancer son nouveau défi : relier Goma à Rabat à vélo. Près de 14 000 kilomètres d’asphalte, de poussière et d’espoir. Un périple fou ? Peut-être. Mais pour lui, c’est bien plus qu’une simple performance sportive. C’est un message de paix, d’unité et de résilience pour toute la République démocratique du Congo.
À 6 heures du matin, l’ambiance était électrique. Les klaxons des motos se mêlaient aux chants de soutien. Masaisai, visiblement ému, a salué cet élan populaire. « Cet encouragement est une source de motivation essentielle », a-t-il confié avant d’enfourcher sa monture. Le départ était donné. La route de la paix venait de s’ouvrir.
Pour cette première étape, le cycliste a avalé 66 kilomètres, reliant Goma à Musanze, de l’autre côté de la frontière rwandaise. Mais le trajet n’a pas été une simple promenade. « Peu après la frontière, une forte pluie est venue compliquer la progression », a-t-il raconté. La pluie, la boue, l’effort intense : rien n’a pu entamer sa détermination. Le cyclisme congolais trouve ici un ambassadeur de fer.
Et puis, il y a eu ce geste, simple mais symbolique. À Mukamira, une habitante, touchée par son courage, lui a offert cinq carottes pour se restaurer. Un moment d’humanité pure. Une preuve que la solidarité dépasse les frontières et les préjugés. Ce Goma Rabat vélo n’est pas seulement un exploit sportif ; c’est une communion entre les peuples.
La journée s’est achevée à Musanze. Fatigué mais le sourire aux lèvres, Masaisai a exprimé sa gratitude face aux nombreux messages de soutien. Demain, il reprendra la route. Et après-demain encore. Jusqu’à Rabat. Jusqu’à ce que le message de paix de la RDC résonne aux oreilles du monde.
Ce défi cycliste, il le porte comme un étendard. « Je veux montrer une autre image de la République démocratique du Congo : celle d’un pays jeune, résilient et porteur d’espoir », a-t-il martelé. Il y a quelques mois, il avait déjà relié Goma à Cape Town pour la même cause. Aujourd’hui, il remet le couvert. Plus loin, plus fort.
Alors, simple coup de pédale ou véritable révolution ? Miguel Masaisai trace sa route, une roue après l’autre, et avec lui, c’est tout un pays qui avance. La paix n’a jamais été aussi proche du bitume.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net
