Cinq jours après le lancement de la campagne de vaccination intégrée à Mbandaka, les regards se tournent vers la province de l’Équateur où les défis logistiques s’amoncellent. Alors que l’objectif est de protéger les enfants contre des maladies évitables, la réalité du terrain rappelle que vacciner ne se résume pas à administrer une piqûre : c’est aussi un parcours du combattant face à une géographie impitoyable.
Imaginez une province où 15 zones de santé sur 18 ne sont accessibles que par voie fluviale. Des campements isolés, des îlots perdus au milieu des méandres du fleuve Congo : comment atteindre chaque enfant ? C’est le casse-tête auquel sont confrontés les prestataires de soins dans l’Équateur. « Nous avons des campements et des îlots dispersés, ce qui complique davantage l’accès aux enfants », explique Douglas Yoma, chef de division de la Direction provinciale de la santé (DPS/Mbandaka).
Cette situation soulève une question cruciale : la couverture vaccinale peut-elle être assurée sans moyens logistiques adaptés ? La réponse est non. Les équipes de vaccination doivent naviguer des heures en pirogue, braver les intempéries et parfois même dormir sur place pour espérer toucher les enfants non vaccinés. Ces contraintes pèsent lourdement sur le succès de la campagne de vaccination à Mbandaka, dont le bilan provisoire est jugé « préoccupant » par les autorités sanitaires.
Pourtant, malgré ces difficultés, l’espoir demeure. « Nous gardons espoir de rattraper les enfants non vaccinés lors des opérations de ratissage prévues à l’issue de la campagne », rassure le responsable. Ces opérations de rattrapage sont essentielles pour combler les lacunes, mais elles nécessiteront des ressources supplémentaires – un plaidoyer que la DPS ne cesse de répéter.
Au-delà de la logistique, d’autres obstacles ont entravé la vaccination dans la province de l’Équateur. Le refus de vaccination, alimenté par des croyances religieuses ou des inquiétudes sur la co-administration des vaccins, freine la progression. Sans oublier la faible remontée des données dans les zones de santé – conséquence du manque de connexion internet –, les retards de décaissement des fonds et l’absence de certains agents sur les sites. Autant de maillons fragiles dans la chaîne de la santé publique.
Face à ce tableau, les autorités sanitaires plaident pour un renforcement urgent des moyens logistiques. « Cela exige des moyens logistiques adaptés. Nous plaidons pour leur renforcement afin de permettre aux équipes de se déplacer efficacement et de vacciner davantage d’enfants », insiste Douglas Yoma. Car en République démocratique du Congo, chaque enfant mérite la même protection, même s’il vit au bout d’un fleuve ou sur un îlot perdu.
En conclusion, cette campagne de vaccination à Mbandaka illustre les défis récurrents de la santé publique en milieu difficile. Si l’engagement des prestataires de soins est louable, les pouvoirs publics doivent répondre présent avec des infrastructures et des budgets à la hauteur des ambitions. Car la santé des enfants de l’Équateur ne peut pas attendre que les eaux se calment.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
