Ce mardi 21 avril, l’air de Kinshasa s’est imprégné d’une ferveur particulière alors que la Haute École de Commerce, anciennement ISC, ouvrait ses portes à la septième édition du Festival du Livre et de la Bible. Dès les premières lueurs du jour, une énergie vibrante a saisi les lieux, mêlant l’odeur du papier neuf aux murmures de discussions savantes. Cet événement culturel majeur à Kinshasa, tel un phare dans le paysage intellectuel congolais, ne se contente pas de célébrer la littérature et la science ; il plonge ses racines dans une quête spirituelle, créant ainsi un espace unique où le sacré et le profane dialoguent. Jusqu’au samedi 25 avril, la capitale vibrera au rythme de cette manifestation qui promet d’être un carrefour d’idées et d’émotions.
Sous le thème évocateur « L’enjeu du droit d’auteur à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle », cette édition du Festival Livre Bible Kinshasa pose une question cruciale pour la création en République Démocratique du Congo et au-delà : comment protéger la voix de l’auteur dans un monde où la technologie redéfinit sans cesse les frontières de la propriété intellectuelle ? La réflexion sur le droit d’auteur numérique en RDC n’est pas un simple débat technique ; c’est une interrogation sur la valeur de la pensée, sur la rémunération du créateur dans un océan de données dématérialisées. Les intervenants, lors des tables rondes prévues, seront invités à explorer ces abîmes, à chercher des réponses à l’urgence de préserver l’intégrité des œuvres face aux algorithmes voraces. N’est-il pas temps de réaffirmer la primauté de l’humain dans l’acte créatif ?
Les stands d’exposition, installés comme des îlots de savoir, offrent déjà un panorama saisissant de la production littéraire. Des romans aux couvertures chatoyantes côtoient des bandes dessinées aux traits incisifs, tandis que des ouvrages de mathématiques rappellent que la raison pure a aussi sa place dans cette fête des lettres. Chaque livre est un monde, et ces mondes s’offrent aux visiteurs, invitant à un voyage sans fin. Cette diversité témoigne de la vitalité des activités littéraires en RDC, une vitalité que le festival entend nourrir et amplifier. La promotion de la lecture au Congo passe par ces gestes simples mais essentiels : mettre un livre entre les mains, susciter la curiosité, éveiller l’imagination.
La journée inaugurale a été enchantée par des prestations artistiques qui ont transformé l’espace en une cathédrale de sons et d’émotions. Des artistes gospel ont fait résonner leurs mélodies, tandis qu’une chorale a élevé des harmonies qui semblaient toucher le ciel. Cette ambiance à la fois culturelle et festive rappelle que la spiritualité et l’art sont des sœurs jumelles, capables d’élever l’âme et de rassembler les cœurs. Ces moments de grâce ajoutent une dimension humaine et collective à l’événement, le distinguant d’un simple salon professionnel.
Durant cinq jours, le programme du festival est un kaléidoscope d’activités conçues pour séduire tous les publics. Des jeux intellectuels stimuleront les esprits, des dictées rappelleront la beauté de la langue française, des concours mettront en lumière les talents émergents, et un concert final clôturera en apothéose cette célébration du livre et de la foi. L’ambition est claire : promouvoir la lecture, la culture et les valeurs chrétiennes, en faisant de ce festival un laboratoire de l’épanouissement intégral de la personne. Dans un pays où les défis sont nombreux, une telle initiative agit comme un baume, offrant un espace de respiration et d’espoir.
Au final, ce Festival du Livre et de la Bible à Kinshasa est bien plus qu’un simple rassemblement éphémère. Il est le signe d’une société civile congolaise dynamique, soucieuse de préserver son patrimoine immatériel tout en engageant un dialogue audacieux avec les mutations du temps. La question du droit d’auteur à l’ère du numérique en RDC, posée avec acuité, résonne comme un appel à la vigilance et à l’innovation. Alors que les pages de cette édition se tournent, elles laissent entrevoir un avenir où la création, sous toutes ses formes, trouverait la reconnaissance et la protection qu’elle mérite. Le chemin est long, mais chaque pas, chaque livre ouvert, chaque note chantée, contribue à éclairer la voie.
Article Ecrit par Yvan Ilunga
Source: Actualite.cd
