Le karaté-do congolais est en pleine tourmente. Une nouvelle salve, aussi ferme que nécessaire, vient d’être tirée par les gardiens de la légalité sportive. Ce mardi 14 avril, les présidents des ligues provinciales de Karaté-Do ont rompu le silence pour dénoncer avec une vigueur rare la crise persistante au sein de la Fédération de Karaté-Do du Congo (Fekaco). Réunis en session extraordinaire, ils ont pointé du doigt une série de dérives qu’ils qualifient de « graves et préoccupantes », menaçant l’existence même de leur discipline en République Démocratique du Congo.
Devant un parterre de journalistes, la voix porteuse de Paul Oger Mbayo, président de la ligue du Haut-Katanga, a résonné avec l’autorité d’un dernier avertissement. Le constat est sans appel : violation délibérée des statuts, tenue d’assemblées générales illégales et mépris flagrant des décisions de justice. Les faits sont là, têtus comme un adversaire qu’on refuse d’affronter. Comment en est-on arrivé à une telle crise institutionnelle ? La réponse, selon les ligues, réside dans la volonté d’une poignée d’individus de s’accrocher au pouvoir par tous les moyens, en piétinant allègrement les textes.
Le cœur du conflit bat autour de la légitimité du président fédéral. Les présidents de ligues rappellent avec force un fait juridique indéniable : la suspension contestée de ce dernier a été purement et simplement annulée par la justice. « L’arrêt du second degré a confirmé l’œuvre du premier juge », a martelé Mbayo. Dès lors, toute initiative prise en marge de cette réhabilitation légale est nulle et non avenue. Pourtant, des assemblées se tiennent, des décisions sont prises, alimentant un bicéphalisme de fait qui ruine l’image du karaté congolais sur la scène nationale et internationale. N’assiste-t-on pas à un véritable hold-up institutionnel ?
Les termes employés sont forts, à l’image de la colère qui gronde. Les dirigeants provinciaux n’hésitent pas à parler de « putsch » et de « trafic d’influence ». Ils voient dans cette crise artificiellement entretenue une insulte à l’état de droit prôné par le Chef de l’État et une atteinte directe à l’unité du karaté national. Face à ce qui est perçu comme un défi lancé à la justice et aux institutions, l’appel est maintenant lancé aux plus hautes autorités politiques, judiciaires et sportives du pays. Leur message est clair : il est temps d’intervenir pour garantir le respect des décisions de la justice, mettre un terme à l’anarchie et reconnaître exclusivement les instances établies dans le cadre légal.
La bataille ne se joue pas seulement dans les prétoires ou les couloirs feutrés des fédérations. Elle a aussi une dimension économique cruciale. Le comité fédéral, par la voix des ligues, lance un avertissement solennel aux partenaires et sponsors. Prudence et responsabilité sont de mise ! Soutenir des initiatives illégitimes reviendrait à cautionner la déliquescence et à mettre en péril les investissements. En ces temps de crise aiguë de la fédération de karaté en RDC, chaque soutien financier doit être examiné à la loupe de la légalité.
Mais dans ce climat de défiance, une lueur d’espoir subsiste. Les présidents des ligues, se présentant comme les piliers du bureau fédéral légitime, réaffirment leur engagement indéfectible envers le président fédéral réhabilité. Ils se déclarent plus déterminés que jamais à contrer toute tentative de déstabilisation et se réservent le droit d’engager toutes les actions légales nécessaires pour protéger leur sport. La détermination est de fer, le cap est fixé : le retour à l’ordre et au respect des textes. L’avenir du karaté-do en RDC se joue aujourd’hui dans cette capacité à restaurer la crédibilité perdue. Le combat pour la légalité est engagé, et il semble que les ligues provinciales n’aient pas l’intention de baisser la garde.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd
