AccueilActualitéSecuritéKasaï-Central : un conflit champêtre à Dibaya dégénère en affrontements meurtriers

Kasaï-Central : un conflit champêtre à Dibaya dégénère en affrontements meurtriers

La quiétude du territoire de Dibaya, dans la province du Kasaï-Central, a été brutalement rompue samedi 11 avril dernier. Des affrontements violents ont éclaté entre les communautés des groupements Bena Kasenga de Kayoko et Bena Kalunga Mesu. Ces violences communautaires en RDC, récurrentes dans certaines zones rurales, trouvent leur source dans un litige ancestral : un conflit champêtre concernant les limites territoriales entre les deux entités. En quelques heures, un différend foncier s’est transformé en une crise sécuritaire et humanitaire aux conséquences immédiates et lourdes.

Le bilan, encore provisoire, est alarmant. Les services locaux font état d’au moins une personne tuée et de plusieurs blessés lors de ces heurts. Mais le spectacle le plus frappant reste celui des habitations réduites en cendres. Une quinzaine de maisons ont été incendiées, laissant des familles entières sans abri et plongeant la communauté dans un profond désarroi. Ces maisons incendiées au Kasaï sont le symbole tangible d’une escalade qui, malheureusement, n’est pas une première dans la région.

Sur le terrain, la situation reste extrêmement tendue. Contacté ce lundi 13 avril, Daniel Ntumba Tshimanga, coordonnateur provincial de la structure Debout Congolais pour le développement durable, dresse un portrait sombre de l’après-conflit. « Il y a encore des blessés. La situation reste volatile sur le terrain », alerte-t-il, soulignant l’absence de déploiement sécuritaire suffisant pour calmer les esprits. Son témoignage met en lumière l’urgence humanitaire : aucune assistance n’est encore parvenue aux sinistrés, obligés de passer des nuits à la belle étoile dans des conditions précaires et dangereuses.

Comment en est-on arrivé à une telle flambée de violence ? La question des limites champêtres à Dibaya est un problème latent, un combustible sec qui n’attendait qu’une étincelle. En l’absence de démarcation claire et reconnue par toutes les parties, chaque saison culturale peut raviver les tensions. La gestion de ces conflits fonciers par les autorités locales et traditionnelles semble, cette fois, avoir échoué à contenir la colère des populations. Face à ce vide, la logique de la force et de la vengeance a pris le dessus, avec les résultats tragiques que l’on connaît.

La société civile, par la voix de son coordonnateur, lance un cri d’alarme préventif. Sans une intervention rapide et déterminée des autorités provinciales et nationales, le pire est à craindre. « Si un poste de la PNC n’est pas installé entre les deux villages et si l’aide humanitaire n’intervient pas rapidement, la misère et la violence risquent de s’installer durablement », prévient Daniel Ntumba Tshimanga. Cet appel pressant souligne la double nécessité d’une réponse sécuritaire pour apaiser les tensions et d’une réponse humanitaire pour secourir les victimes.

Les affrontements au Kasaï-Central posent une fois de plus la question de la gouvernance foncière et de la prévention des conflits en milieu rural. Au-delà de l’urgence immédiate, une solution durable passera nécessairement par une médiation ferme pour résoudre le différend frontalier à l’origine du drame. Les communautés concernées peuvent-elles retrouver la paix sans une justice réparatrice et une clarification définitive des limites ? Les autorités saisiront-elles cette occasion pour mettre en place des mécanismes de résolution de conflits plus efficaces ?

Pour l’heure, les regards sont tournés vers Kananga et Kinshasa. La balle est dans le camp des décideurs politiques et administratifs. La rapidité de leur réaction déterminera si cette nouvelle tragédie reste un épisode isolé ou si elle marque le début d’un cycle infernal de représailles. La population sinistrée, elle, attend des actes concrets : la protection de ses biens restants, des soins pour ses blessés et un toit pour ses sans-abris. L’inaction, dans un contexte aussi volatil, n’est tout simplement pas une option.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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