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Ituri : la jeunesse appelle à soutenir la MONUSCO contre les ADF à Mambasa

Un appel urgent a été lancé depuis Bunia. Le Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri a interpellé, ce vendredi 10 avril, les jeunes et les communautés du territoire de Mambasa. L’objectif est clair : privilégier la paix et soutenir sans réserve toute initiative visant à protéger les civils. Cet appel, formalisé par une lettre ouverte, survient dans un contexte de tension sécuritaire extrême où la menace des groupes armés, notamment des ADF, pèse comme une épée de Damoclès sur la région.

La situation à Mambasa est décrite comme précaire. La menace des ADF en Ituri est considérée comme permanente et insidieuse. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), bien que déployées, sont jugées insuffisantes pour venir à bout, seules, de la multitude de groupes armés qui pullulent dans cette contrée. Les moyens manquent face à l’ampleur du défi. Comment, dans ces conditions, assurer la sécurité des populations ? La réponse du Conseil de la jeunesse est sans ambiguïté : l’appui des partenaires internationaux, en l’occurrence la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), est impératif.

La coordination provinciale de la Société civile du Congo (SOCICO) en Ituri abonde dans le même sens. Elle condamne fermement toute initiative visant à entraver ou bloquer les actions de la mission onusienne dans la zone de Mambasa. Ces voix de la société civile alertent sur un risque majeur : refuser l’appui des partenaires engagés dans la lutte contre les ADF reviendrait, en effet, à faire le jeu de l’ennemi. Les ADF sont identifiés comme une menace permanente et directe pour la vie des civils, dont la souffrance doit être relayée sur la scène internationale.

La coopération entre les FARDC et la MONUSCO à Mambasa est présentée comme une pierre angulaire de la stratégie de sécurisation. La présence des casques bleus n’est pas perçue comme une substitution, mais comme un renforcement capacitaire essentiel. Elle peut contribuer à améliorer la sécurité dans les zones les plus exposées en appuyant les opérations militaires, en protégeant les civils lors d’attaques et en permettant une intervention rapide. Le déploiement à Mambasa vise précisément à rapprocher les forces de protection des populations, un maillon crucial souvent faible dans les territoires vastes et difficiles d’accès.

Le président du Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri, Deogratias Bungamuzi, a livré un message sans détour. « Combattre l’entrée de la MONUSCO dans les territoires de Mambasa, c’est accepter que nos populations puissent continuer de mourir », a-t-il déclaré. « Donc, nous demandons à tous les jeunes d’appuyer notre armée, mais également d’accompagner la MONUSCO, pour que celle-ci appuie notre armée dans la neutralisation de ces terroristes ADF ». Cette citation résume l’état d’esprit : un pragmatisme né d’une urgence vitale.

Le Conseil reconnaît les frustrations légitimes d’une population éprouvée par des années de violences et d’insécurité. Les attaques répétées des ADF ont laissé des traces profondes. Cependant, il met en garde contre la manipulation de ces frustrations. Céder à des appels au rejet de l’aide internationale pourrait exposer les familles et les communautés à un danger accru. L’appel est donc aussi un plaidoyer pour la raison : rester calme, privilégier la paix et soutenir les initiatives qui renforcent concrètement la sécurité à Mambasa.

Par ailleurs, la SOCICO insiste sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre la MONUSCO et les structures locales de la société civile. Une telle synergie est vue comme un moyen de faciliter l’accès de la mission aux communautés, de mieux comprendre leurs besoins et d’assurer une action plus ciblée et acceptée. Cette approche inclusive est considérée comme un gage d’efficacité et de légitimité pour les opérations de maintien de la paix.

Alors que les conflits en Ituri persistent, la sécurisation de Mambasa représente un enjeu critique. Les appels convergents de la jeunesse et de la société civile dessinent une voie : celle d’une alliance entre forces nationales et appui international. Dans cette équation complexe, le rejet de la MONUSCO est perçu comme un pari risqué, potentiellement fatal pour des civils déjà vulnérables. La priorité absolue reste la protection des vies, un objectif qui, selon ces acteurs clés, ne peut être atteint sans une coopération sans faille.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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