La scène est tendue au sein de la Fédération de Karaté-Do du Congo (FEKACO). Vendredi, un communiqué officiel a fustigé une tentative de coup de force visant à organiser une Assemblée Générale jugée « illégitime ». Ce coup de semonce, signé par le président Me L’A Kombo Freddy, plonge un peu plus la fédération dans une crise de gouvernance aux allures de combat sans merci. Le ring administratif est devenu le théâtre d’une bataille où les décisions de justice servent de garde-fous fragiles.
Qui tente de s’emparer du pouvoir ? Selon le communiqué de la FEKACO, les visages derrière cette manœuvre seraient Messieurs MUTSHIPANDA Jean-Claude et MBAKA Alain Pamphile, respectivement Vice-Président et Secrétaire Général… et officiellement suspendus de leurs fonctions. La fédération les accuse de « s’activer à organiser une Assemblée Générale Extraordinaire au nom de la FEKACO » en recrutant des personnes « non éligibles ». Une stratégie décrite comme une violation délibérée des statuts et un mépris flagrant des décisions de justice. Le but ? Créer un « dédoublement des institutions », un scénario qui fragilise l’ensemble de l’édifice sportif.
Cette nouvelle salve intervient dans un contexte déjà extrêmement volatile pour le karaté en République Démocratique du Congo. Depuis le début de l’année 2026, la FEKACO navigue en eaux troubles. Entre tensions internes, suspensions et mise en place d’un comité intérimaire par le ministère des Sports, la gouvernance de la fédération ressemble à un bateau ivre. Pourtant, en février, le président Freddy L’A Kombo, se présentant comme réhabilité par le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, avait lancé la saison sportive 2026 et installé des commissions permanentes. Un retour qu’il estimait légitime, mais visiblement contesté en interne.
La question qui brûle toutes les lèvres est simple : qui dirige réellement la FEKACO ? La réponse semble se trouver dans les prétoires. La fédération rappelle en effet que « la problématique de la gouvernance et de la représentation de la FEKACO a été prise en charge par les instances judiciaires », certaines affaires étant toujours pendantes. Ce communiqué sonne donc comme un rappel à l’ordre : toute décision majeure, en dehors du cadre judiciaire établi, est considérée comme nulle et non avenue. Un bras de fer judiciaire qui paralyse l’action sportive.
Quelles sont les conséquences de cette crise FEKACO pour les athlètes et le sport congolais ? En pleine préparation de la saison, les karatékas se retrouvent otages d’un conflit de leadership qui éloigne l’attention des dojos et des compétitions. Cette instabilité chronique au sommet des fédérations est, malheureusement, un frein récurrent au développement du sport en RDC. Elle décourage les sponsors, trouble la préparation des équipes nationales et ternit l’image de disciplines pourtant populaires.
Face à cette tentative d’assemblée générale illégitime, la position de la présidence sortante est claire : la ligne rouge est franchie. En brandissant l’argument juridique, elle tente de verrouiller toute velléité de putsch administratif. Mais dans l’ombre, les manœuvres continuent. Cette affaire dépasse le simple cadre d’un différend interne ; elle pose une fois de plus la question cruciale de la gouvernance des fédérations sportives congolaises et de leur indépendance vis-à-vis des luttes d’influence.
L’avenir immédiat de la FEKACO se jouera probablement moins sur les tatamis que dans les couloirs des tribunaux. La balle est dans le camp de la justice pour trancher définitivement ce litige et permettre à la fédération de se relever. En attendant, le karaté Congo retient son souffle, espérant que la raison et l’intérêt supérieur du sport finiront par l’emporter sur les ambitions personnelles. La prochaine étape de ce feuilleton judico-sportif est attendue avec une impatience mêlée d’inquiétude par toute la communauté sportive nationale.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd
