Une incursion armée violente a secoué la localité de Kanyangohe, dans le groupement Masha, durant la nuit du vendredi 27 au samedi 28 mars 2026. Des hommes lourdement armés, dont l’identité et les motivations restent à ce stade inconnues, ont pris d’assaut ce village de la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru. L’attaque, survenue à proximité immédiate de Mwesso, a plongé la zone dans un chaos meurtrier.
Un bilan provisoire, établi par des sources locales concordantes, fait état d’au moins deux victimes décédées. Parmi elles figure un commandant d’un groupe d’autodéfense local, une milice communautaire dont la création et l’organisation avaient été influencées par les rebelles de l’AFC/M23 dans le contexte sécuritaire précédent. Un civil, pris dans la tourmente de l’attaque Kanyangohe Rutshuru, a également perdu la vie.
Les violences n’ont pas épargné d’autres habitants. Plusieurs blessés, dont le nombre exact n’a pu être immédiatement précisé par les autorités sanitaires, ont été évacués et pris en charge dans une structure médicale de la région. La nature de leurs blessures témoigne de la brutalité de l’assaut. Comment expliquer une telle violence dans une zone où la présence des groupes armés avait connu des évolutions récentes ?
L’onde de choc de cette attaque a été immédiate et dévastatrice pour la population civile. Une panique généralisée s’est emparée des habitants de Kanyangohe et des hameaux avoisinants. Craignant pour leur vie face à cette insécurité Bwito soudaine, des dizaines de familles ont pris la fuite, abandonnant leurs biens. Elles ont trouvé un refuge précaire à Mwesso, dans le territoire voisin de Masisi, ou dans les environs immédiats, ajoutant une couche de crise humanitaire à la crise sécuritaire.
Ce nouvel épisode sanglant survient dans un contexte régional particulièrement volatile et paradoxal. Il intervient alors que l’on observe un retrait progressif, quoique non uniforme, des éléments de l’AFC/M23 de plusieurs positions qu’ils occupaient dans le Nord-Kivu. Cette dynamique de retrait M23, suivie avec attention par les observateurs, semblait initialement porteuse d’un espoir d’apaisement.
Cependant, la réalité sur le terrain paraît plus complexe. Ce retrait apparent semble laisser derrière lui un vide sécuritaire, une zone grise rapidement exploitée par d’autres acteurs armés non identifiés. La recrudescence d’actes violents et de braquages ces dernières semaines dans certaines zones, comme le secteur de Bwito, laisse craindre une fragmentation et une multiplication des sources de menace. Les victimes Mwesso et de Kanyangohe en sont les premières et tragiques illustrations.
Les autorités locales et provinciales ont été informées des faits. Une enquête est présumée être en cours pour déterminer les circonstances exactes de cette incursion armée Nord-Kivu et identifier ses auteurs. La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), dont certains éléments sont déployés dans la région, suit de près l’évolution de la situation.
Pour les communautés du Rutshuru, cette nuit de terreur est un cruel rappel de la persistance de l’instabilité. Malgré les changements tactiques et les annonces de désengagement, la sécurité des civils reste un défi colossal. La population, prise en étau entre différents groupes et dynamiques conflictuelles, continue de payer le prix fort. La région peut-elle véritablement espérer une stabilisation durable tant que de telles incursions armées restent possibles ? La réponse à cette question demeure, pour l’instant, aussi incertaine que l’identité des assaillants de Kanyangohe.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
