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Kinshasa déclare la guerre aux criminels : Shabani déploie patrouilles mixtes et traque les faux enlèvements

La capitale congolaise est sous tension. Une vague criminelle sans précédent frappe Kinshasa, poussant les autorités à réagir avec une fermeté affichée. Ce vendredi, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a dévoilé un plan d’action drastique. L’objectif est clair : traquer les criminels et restaurer un ordre public sérieusement mis à mal ces derniers mois. La population, lassée par l’insécurité grandissante, attend désormais des actes.

Au cœur de cette « riposte sécuritaire renforcée », un phénomène particulier est ciblé : les faux enlèvements. Cette escroquerie, en pleine expansion, consiste à simuler l’enlèvement d’un proche pour extorquer de l’argent à des familles paniquées. Les services spécialisés de la Police nationale congolaise (PNC) reçoivent l’ordre d’intensifier les interpellations. Les réseaux organisés derrière ces pratiques vont être traqués sans relâche. La criminalité à Kinshasa prend des visages multiples, et l’État entend les combattre tous.

Parallèlement, l’opération Ndobo, lancée précédemment, entre dans une phase de poursuite et d’intensification. Le dispositif sera étoffé par le déploiement de patrouilles mixtes, associant policiers et militaires. Ces patrouilles seront actives de jour comme de nuit, afin d’assurer une présence dissuasive continue dans les quartiers. La cible prioritaire reste l’éradication du phénomène des Kulunas, ces gangs urbains qui sèment la terreur et la violence. Leur implication dans des agressions, vols et extorsions est pointée du doigt depuis des années. La sécurité à Kinshasa passe impérativement par le démantèlement de ces groupes.

Une autre décision marque une volonté de s’attaquer à un mal plus insidieux : l’implication présumée d’hommes en uniforme dans des activités criminelles. Le gouvernement annonce la tenue prochaine d’une réunion interinstitutionnelle. Elle aura pour objet spécifique de traiter des cas de braquages et de cambriolages attribués à certains éléments des forces de l’ordre. Cette question, extrêmement sensible, mine la confiance des citoyens envers leurs institutions. Comment restaurer cette confiance si les garants de la loi en sont eux-mêmes les transgresseurs ? L’enjeu est de taille pour l’efficacité globale de la lutte contre la criminalité à Kinshasa.

Enfin, le volet préventif du plan concerne le secteur des télécommunications. Une concertation est prévue avec les opérateurs pour renforcer radicalement le contrôle des cartes SIM. Parmi les pistes sérieusement envisagées figurent l’interdiction pure et simple de la vente de cartes préenregistrées et la réidentification de tous les abonnés existants. L’anonymat offert par des lignes non identifiées facilite grandement les activités illégales, du chantage à l’organisation de délits. Limiter cet anonymat est perçu comme un levier essentiel pour entraver la logistique des réseaux criminels.

L’annonce de ces mesures suscite un mélange d’espoir et de scepticisme au sein de la population. Les Kinois ont été trop souvent témoins de plans ambitieux dont les résultats concrets se sont fait attendre. L’opération Ndobo, bien que saluée à son lancement, devra prouver son impact durable sur le terrain. La traque des auteurs de faux enlèvements et le nettoyage des rangs de la police sont des défis immenses. La réussite de ce plan sécuritaire global dépendra de la coordination réelle entre les différentes institutions et de la persévérance dans son application. Les prochaines semaines seront scrutées à la loupe. La sécurité Kinshasa n’est pas une option, mais une condition sine qua non pour le développement et la paix sociale dans la mégapole.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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