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Nord-Kivu : réouverture fragile du centre de santé Ntoyo après l’attaque meurtrière des ADF

Six mois après une violente attaque attribuée aux rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF), une lueur d’espoir renaît dans le secteur des Bapere, territoire de Lubero au Nord-Kivu. Le centre de santé de Ntoyo, un dispensaire vital pour des milliers de personnes, a timidement rouvert ses portes. Cette réouverture symbolise la résilience d’une communauté meurtrie, mais elle soulève une question essentielle : comment assurer des soins de santé de qualité dans un contexte de post-conflit où les ressources manquent cruellement ?

L’attaque du 8 septembre 2025 a laissé des cicatrices profondes. Plus de 100 civils ont perdu la vie et de nombreuses habitations ont été réduites en cendres. Le centre de santé lui-même n’a pas été épargné. Pillé et partiellement détruit, il a été contraint à une fermeture forcée de six mois, privant toute une région d’un accès aux soins primaires. Aujourd’hui, bien que les consultations aient repris depuis cinq jours, la situation reste extrêmement précaire. La réouverture du dispensaire est un premier pas, mais le chemin vers un fonctionnement normal est semé d’embûches.

Le défi majeur réside dans la pénurie criante de moyens. Une grande partie du matériel médical et des stocks de médicaments a été volée ou anéantie lors de l’incursion. Imaginez un mécanicien tentant de réparer une voiture sans outils, ou un cuisinier préparant un repas sans ingrédients. C’est la réalité quotidienne du personnel soignant de Ntoyo. Ils sont présents, mais leurs mains sont liées par l’absence d’équipements de base. Cette carence entrave sérieusement la qualité des diagnostics et des traitements, exposant les patients à des risques de complications évitables.

« Cette situation complique énormément la prise en charge, surtout pour les habitants qui sont déjà de retour dans la localité et qui ont un besoin urgent de soins », confie Joseph Lungabo, infirmier responsable adjoint du centre. Ses mots résonnent comme un avertissement. Pendant les longs mois de fermeture, les malades étaient contraints à des voyages périlleux, parcourant parfois des dizaines de kilomètres sur des routes peu sûres pour atteindre un autre centre de santé. Un parcours du combattant qui a indéniablement aggravé l’état de santé de nombreux patients et contribué à une détérioration silencieuse de la situation sanitaire dans cette zone du Nord-Kivu.

La réouverture, bien que saluée, ne suffit donc pas. Elle doit être consolidée par un soutien concret et immédiat. Le personnel soignant lance un appel pressant, un véritable cri du cœur, aux autorités congolaises, aux organisations humanitaires internationales et à tous les partenaires du secteur de la santé. Les besoins sont clairs et précis : un approvisionnement régulier en médicaments essentiels, du matériel médical de base (tensiomètres, stéthoscopes, kits de premiers secours, équipements de stérilisation), et peut-être surtout, un appui logistique pour sécuriser l’approvisionnement et reconstruire les infrastructures endommagées.

Cette crise à Ntoyo est un microcosme des défis plus larges auxquels fait face le système de santé dans les zones en conflit en République Démocratique du Congo. Elle illustre comment une attaque armée peut anéantir des années d’efforts en matière de santé publique en quelques heures. La réponse à cet appel n’est pas seulement une question de charité ; c’est un impératif de santé publique. Protéger et renforcer ces centres de santé en première ligne est crucial pour prévenir des épidémies, réduire la mortalité maternelle et infantile, et jeter les bases d’une paix durable. La communauté internationale et les acteurs nationaux doivent agir vite pour que la réouverture du centre de santé Ntoyo ne soit pas un épisode symbolique, mais le début d’une reconstruction solide et pérenne des soins de santé pour les populations du Lubero.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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