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Ituri : un chauffeur kényan tué dans une attaque des CODECO sur la RN27

La route nationale 27, axe vital du territoire de Djugu en Ituri, a de nouveau été le théâtre d’une violence meurtrière ce week-end. Samedi et dimanche 12 avril, des miliciens présumés du groupe CODECO ont lancé une attaque coordonnée sur le tronçon entre Djudju et Ngura, dans le secteur de Djatsi. Le bilan est lourd : un chauffeur de nationalité kényane a été froidement abattu, et pas moins de vingt-trois véhicules, dont des transports en commun et des camions-citernes, ont été pris pour cible. Cette attaque CODECO en Ituri vient brutalement rompre une période d’accalmie relative, plongeant la région dans l’inquiétude.

Selon des sources sécuritaires concordantes, le modus operandi a été similaire à des assauts passés. Les hommes armés, surgissant de la brousse, ont d’abord barré la route nationale 27 dans une zone reculée. Par une pluie de coups de feu, ils ont ensuite forcé les chauffeurs à immobiliser leurs engins. La terreur installée, le pillage a commencé. Les agresseurs ont systématiquement fouillé les passagers et les conducteurs, leur dérobant argent liquide, téléphones portables et autres effets personnels de valeur. L’objectif des miliciens CODECO lors de cette attaque de véhicules semble avoir été purement prédatrice, visant à s’emparer de ressources et à semer la peur sur cet axe économique crucial.

La mort du chauffeur kényan, travaillant probablement pour une entreprise de transport régionale, souligne la dimension transfrontalière de l’insécurité et le coût humain de ces violences. Son décès porte un coup dur aux liaisons commerciales et renforce le sentiment de vulnérabilité des usagers de la route. Comment expliquer cette recrudescence des activités des groupes armés sur la RN27 ? La réponse des autorités sera-t-elle à la hauteur des enjeux ?

Face à cette escalade, la voix des notables locaux s’est élevée avec urgence. Ils lancent un appel pressant aux forces armées de la République Démocratique du Congo pour un renforcement immédiat et visible du déploiement militaire le long de cet axe et dans les zones environnantes considérées comme des nids d’insécurité. Pour ces leaders communautaires, la route nationale 27 est l’artère économique du territoire de Djugu ; sa sécurisation n’est pas une option, mais une condition sine qua non pour la stabilité et le développement de toute la région. Ils redoutent que ces incidents ne marquent le début d’une nouvelle vague d’instabilité, fragilisant davantage une sécurité déjà précaire.

Ce nouvel épisode sanglant ne peut être considéré comme un fait isolé. Il s’inscrit dans une chronologie troublante pour le territoire de Djugu. En mars dernier, une attaque attribuée aux mêmes miliciens CODECO avait déjà fait seize morts dans les villages de Mbaa et Gokpa, dans le groupement Dhendro. La similarité des méthodes interroge sur l’efficacité des mesures de dissuasion et de contrôle mises en place après ces précédents drames. La sécurité dans le territoire de Djugu semble vaciller, chaque assaut grignotant un peu plus la confiance des populations envers l’État de droit.

Les conséquences de telles attaques dépassent le seul bilan humain immédiat. Elles paralysent les échanges, font flamber les prix des denrées due aux risques accrus du transport, et isolent des communautés entières. La psychose gagne les conducteurs et les commerçants, qui hésitent désormais à emprunter cette voie. La route nationale 27, symbole de connexion, pourrait bien devenir un symbole de danger et d’impunité si une réponse décisive n’est pas apportée.

L’armée congolaise est donc attendue au tournant. Elle doit impérativement redynamiser ses patrouilles, établir des points de contrôle sécurisés et mener des opérations ciblées pour démanteler les sanctuaires de ces groupes armés. La collaboration avec les milices d’autodéfense locales, souvent citée comme une piste, doit être strictement encadrée pour éviter tout dérapage. La protection des civils et la libre circulation sur la route nationale 27 sont des impératifs non négociables pour restaurer l’autorité de l’État dans cette partie de l’Ituri.

En définitive, l’attaque de ce week-end sonne comme un sinistre rappel. La menace des miliciens CODECO reste bien réelle dans l’est de la RDC. La mort du chauffeur kényan et le pillage en règle de dizaines de véhicules montrent que la route nationale 27 est plus que jamais un point névralgique. La sécurité du territoire de Djugu se joue sur cet axe. Le défi pour les autorités est maintenant de transformer les appels à l’aide en actions concrètes et durables, avant que la violence ne s’enracine à nouveau.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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