La capitale congolaise, Kinshasa, est sous l’emprise d’une vague de criminalité qui ne semble pas faiblir. Les cas de braquage se succèdent à un rythme alarmant, semant la terreur parmi les habitants et les commerçants. Dans le même temps, le banditisme urbain, incarné par les groupes communément appelés « kuluna », poursuit ses méfaits avec une violence inquiétante. Ces actes, allant de l’extorsion au meurtre, contribuent à installer un climat d’insécurité persistant, étouffant progressivement la vie économique de la ville.
Face à cette urgence, les autorités ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Ce samedi 11 avril, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, des Affaires coutumières et du Développement communal, Jacquemain Shabani, a effectué une visite d’inspection cruciale. Son déplacement l’a conduit au centre de commandement police, le Centre national de commandement, de contrôle et de coordination (C3C-NAT), ainsi qu’au service des télécommunications de la Police nationale congolaise (PNC). L’objectif était clair : évaluer l’état d’avancement des travaux de réhabilitation et de modernisation police congolaise.
Cette inspection n’est pas anodine. Elle marque une étape décisive dans la concrétisation d’un projet majeur : le lancement imminent d’un numéro urgence police RDC unique et accessible. Comment la population pourra-t-elle signaler une agression ou un braquage à Kinshasa de manière efficace et rapide ? La réponse se trouve dans la modernisation des infrastructures de communication de la police. Le ministre Shabani a souligné que la mise en service de ce numéro est une priorité absolue pour améliorer la réactivité des forces de l’ordre.
Pour garantir le succès de ce dispositif, une collaboration stratégique a été actée. Un protocole d’accord a été signé entre la Police nationale congolaise, la société WSTD et les quatre principaux opérateurs de téléphonie mobile du pays : Vodacom, Airtel, Orange et Africell. Cet accord vise à assurer une connectivité optimale et une coordination fluide entre les différents acteurs. Kinshasa a été désignée comme ville pilote pour le déploiement initial, impliquant l’ensemble des commissariats urbains. Cette phase test sera déterminante pour ajuster le système avant une éventuelle extension à d’autres villes.
Les enjeux sont de taille. Le projet ne se limite pas à un simple numéro. Il s’agit d’une refonte en profondeur du système de commandement et d’intervention. La centralisation des appels au sein du C3C-NAT permettra une gestion plus rationnelle des ressources et une dispatchation plus rapide des patrouilles sur le terrain. Le ministre a également évoqué des mesures d’accompagnement, notamment la mobilisation de financements publics et la dotation de nouvelles motos pour les unités de police. L’objectif est clair : réduire le temps de réponse face aux actes de banditisme urbain kuluna et autres crimes.
Mais cette modernisation technologique suffira-t-elle à juguler l’insécurité ? Les autorités en sont convaincues, mais reconnaissent que le défi est également humain et social. La formation des agents qui recevront les appels et la sensibilisation de la population à l’utilisation responsable du numéro d’urgence sont des volets essentiels. La lutte contre le phénomène kuluna nécessite une approche multidimensionnelle, combinant répression, prévention et opportunités socio-économiques pour la jeunesse.
Pour l’heure, l’attention se porte sur la finalisation technique du projet. La visite du vice-Premier ministre a permis de constater les progrès réalisés et d’insuffler une nouvelle dynamique. La population kinoise, exaspérée par l’insécurité chronique, attend désormais des actes concrets. La mise en service opérationnelle du numéro urgence police RDC sera le premier test tangible de cette volonté politique affichée. L’efficacité de ce nouveau dispositif sera scrutée à la loupe, dans l’espoir de voir enfin reculer l’ombre du braquage et du banditisme urbain qui plane sur la capitale.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: mediacongo.net
