AccueilActualitéSecurité13 enfants enlevés dans le Bas-Uele : une incursion armée secoue Ango

13 enfants enlevés dans le Bas-Uele : une incursion armée secoue Ango

L’insécurité frappe à nouveau le territoire d’Ango, dans la province du Bas-Uele. Une attaque armée survenue la semaine dernière a plongé toute une communauté dans l’horreur et l’incertitude. Treize enfants ont été enlevés par des assaillants lors d’un raid dans le secteur de Zapayi. À ce jour, aucun d’entre eux n’a été retrouvé, laissant des familles entières dans une angoisse insoutenable. Ce drame macabre vient cruellement rappeler la vulnérabilité permanente des populations civiles dans cette zone frontalière.

L’attaque s’est déroulée dans un contexte de vulnérabilité extrême, selon les représentants de la société civile locale. Un vide sécuritaire dénoncé depuis des semaines aurait été exploité par les agresseurs. Ce phénomène de vide sécuritaire dans le Bas-Uele serait la conséquence directe du rappel de plusieurs unités des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) vers la cité d’Ango. Ce redéploiement, motivé par des besoins de contrôle physique, a laissé de nombreux villages sans aucune protection, exposés à toutes les menaces.

Mais qui se cache derrière cette attaque d’une brutalité inouïe ? Des sources concordantes sur le terrain pointent du doigt des éléments rebelles Séléka. Ces derniers auraient franchi la frontière depuis la République centrafricaine voisine pour mener cette opération. L’incursion armée en provenance de la République centrafricaine ne serait pas un acte isolé. Elle s’inscrirait dans une dynamique plus large de déstabilisation, compliquée par des complicités locales, notamment celle de certains éleveurs Mbororo. Cette collusion rend la traque des ravisseurs et la sécurisation de la zone d’autant plus complexe.

La confirmation de ce rapt a provoqué une onde de choc jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. La députée et Questeure adjointe de l’Assemblée nationale, Grâce Neema, élue du territoire, s’est immédiatement saisie du dossier. Elle affirme avoir activé tous les canaux auprès des autorités politico-militaires pour exiger une réponse immédiate. « J’ai échangé avec les responsables attitrés et suis persuadée que les cris de la population d’Ango ont été entendus », a-t-elle déclaré, tentant d’apporter un semblant d’espoir. « Nous espérons une solution rapide et effective sur le terrain. »

Face à la gravité de la situation, les appels se multiplient pour des actions concrètes et sans délai. Les mesures envisagées sont connues : un redéploiement urgent des militaires dans les zones désertées et l’envoi immédiat d’une mission de contrôle des troupes des FARDC sur le terrain. L’objectif est double : rétablir un minimum d’ordre et, surtout, prévenir de nouvelles incursions. Car la crainte d’une répétition du drame hante tous les esprits. Comment empêcher que d’autres familles ne vivent le même calvaire ?

L’élue locale tire également la sonnette d’alarme sur la dimension régionale de cette crise. Elle appelle le gouvernement à ne pas considérer cet événement comme un fait isolé, mais comme un symptôme de l’instabilité persistante qui règne chez le voisin centrafricain. Un avertissement sérieux est lancé : sans une stratégie coordonnée, le territoire congolais risque de servir durablement de base arrière ou de zone de repli à des groupes armés étrangers, perpétuant ainsi un cycle infernal de violence.

Sur le terrain, à Zapayi et dans les villages environnants, l’attente est devenue une torture. Aucune piste sérieuse ne permet pour l’instant de localiser les enfants enlevés. L’absence d’informations officielles nourrit les pires scénarios et alimente un sentiment d’abandon profond parmi les populations. L’attaque armée dans le Bas-Uele a démontré, une fois de plus, la porosité mortelle de cette frontière et l’incapacité actuelle du dispositif étatique à y faire face.

Ce nouvel épisode tragique pose une question fondamentale : qui protégera les enfants d’Ango ? Il met en lumière l’urgence absolue de mettre en place un dispositif sécuritaire durable, crédible et pleinement opérationnel. Un dispositif capable non seulement de réagir aux attaques, mais surtout de les anticiper et de les prévenir. La restauration de l’autorité de l’État dans ces zones reculées n’est pas une option, mais une condition sine qua non pour la sécurité et la dignité de ses citoyens. Le temps des promesses est révolu ; celui de l’action effective et protectrice doit maintenant commencer.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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