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RDC : Le cardinal Ambongo dénonce violence et dégradation à Kinshasa dans son message de Pâques

Se lever à l’aube pour éviter les embouteillages, mais se retrouver malgré tout coincé dans un tapis de voitures et de cris. C’est le quotidien de Jean, habitant de Kinshasa, qui chaque matin perd des heures précieuses dans des trajets épuisants. « Je pars à 5 heures pour être au bureau à 8 heures, mais souvent, je n’y arrive qu’à midi. Les routes sont défoncées, la circulation est un enfer. Et on a peur, même dans les bouchons, on peut se faire agresser », confie-t-il, la lassitude dans la voix. Son témoignage résonne comme un écho aux mots sévères du cardinal Fridolin Ambongo. Dans son message de Pâques, l’archevêque métropolitain a pointé du doigt une réalité amère : à Kinshasa, la violence sous toutes ses formes ne cesse de croître, et les infrastructures se dégradent, plongeant la population dans une précarité grandissante.

Le constat est sans appel. Le cardinal Fridolin Ambongo, dans une homélie diffusée à l’occasion de la Pâques, a lancé un cri d’alarme sur l’état de la capitale congolaise. Loin des discours convenus, il a fustigé la dégradation accélérée des routes, des réseaux d’eau et d’électricité, qui rend la vie des Kinois de plus en plus difficile. Comment, en effet, prêcher la communion et la fraternité quand le simple fait de se déplacer devient un « véritable casse-tête » ? Les embouteillages monstres, quasi quotidiens, ne sont pas qu’une nuisance ; ils sont le symptôme d’un abandon, d’un manque criant d’investissement dans les infrastructures de base. Des travailleurs, des étudiants, des familles entières voient leur énergie siphonnée par ces trajets interminables, impactant directement l’économie nationale et le tissu social.

Mais la critique du prélat va plus loin. Elle touche à la sécurité, ou plutôt à son absence. La violence à Kinshasa n’est pas un phénomène isolé ; elle prend des visages multiples : agressions à main armée, tensions communautaires, règlements de comptes, et une insécurité latente qui pèse sur chaque quartier. Comment expliquer cette montée de la violence dans une ville qui devrait être le cœur battant du pays ? Le message de Pâques du cardinal Ambongo interroge, sans les nommer directement, les responsabilités des autorités. Quand les infrastructures se dégradent et que l’État semble absent, la colère et le désespoir peuvent vite devenir le terreau de tous les extrêmes.

Le tableau ne serait pas complet sans évoquer l’autre blessure béante de la République Démocratique du Congo : les conflits armés persistants dans l’Est du pays. Le cardinal n’a pas manqué de souligner la tragédie qui se joue dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Là-bas, des milliers de familles sont déplacées, vivant dans le dénuement le plus total, fuyant les combats entre groupes armés. Cette réalité contredit violemment le projet de communion nationale. Comment parler de paix et de renaissance quand, à quelques milliers de kilomètres de la capitale, la guerre continue de faucher des vies et de briser des destins ? Les conflits dans l’Est de la RDC ne sont pas une simple actualité lointaine ; ils sont une plaie ouverte qui saigne l’âme de toute la nation.

Face à ce sombre portrait, le cardinal Fridolin Ambongo apporte cependant une lueur d’espoir, celle propre à la fête de Pâques. Il invite à croire que « rien n’est irréversible ». Cet appel à la foi est aussi un appel à l’action. Il rappelle que la communion n’est pas un vœu pieux, mais une nécessité urgente pour reconstruire un pays meurtri. La jeunesse, exposée au désespoir, a besoin de perspectives concrètes, d’écoles, d’emplois, et d’un environnement sécurisé. Les infrastructures dégradées doivent devenir une priorité absolue pour redonner à Kinshasa sa dignité et sa fluidité. Et les conflits à l’Est exigent une attention renouvelée et une volonté politique ferme pour une paix durable.

Le message est clair : la RDC est à un carrefour. Soit elle s’enfonce dans la division et la violence, soit elle saisit l’opportunité d’une renaissance collective. Les mots du cardinal, critiques et empathiques, résonnent comme un miroir tendu à la société tout entière. Qu’attendons-nous pour agir ? Jusqu’à quand tolérerons-nous que la vie quotidienne soit un combat ? La lumière de Pâques, selon Ambongo, est justement cette conviction que le changement est possible. Mais il ne viendra pas par miracle. Il viendra par la mobilisation de chacun, par la pression citoyenne pour des infrastructures dignes, par un engagement sans faille pour la sécurité et par une solidarité active avec les victimes des conflits. L’espoir est permis, mais il doit se conjuguer avec une action résolue.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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