Une attaque sanglante a visé, samedi 4 avril, un convoi de transport en commun dans la zone de Busendo, en plein parc national des Virunga (PNVi) au Nord-Kivu. Des hommes armés non identifiés, qualifiés de coupeurs de route, ont tendu une embuscade meurtrière vers 11 heures locales. Le bilan est lourd : deux passagers ont été tués sur le coup, un chauffeur a été blessé et plusieurs autres personnes ont été enlevées et emmenées vers une destination inconnue.
L’opération a été rapide et violente. Les assaillants ont surgi sur la route et ont ouvert le feu sans sommation sur un convoi de voitures de transport en commun, communément appelées « Leo-Leo ». Les coups de feu ont semé la panique parmi les passagers. Les victimes, atteintes par balles, n’ont pas survécu. La scène, décrite par des sources locales, était chaotique, laissant derrière elle des véhicules criblés d’impacts et des effets personnels éparpillés.
Cette attaque à Busendo dans le parc national des Virunga n’est malheureusement pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une longue série d’actes de violence attribués aux coupeurs de route du Nord-Kivu. Ces groupes armés opèrent en toute impunité dans cette partie du parc, une zone réputée sous l’influence de l’AFC/M23. Comment de telles exactions peuvent-elles se perpétrer au cœur d’un espace protégé sans intervention des forces de l’ordre ? La question hante les esprits.
L’insécurité sur la route Goma-Butembo, un axe vital pour l’économie et la mobilité des populations du petit et du grand Nord-Kivu, atteint un niveau critique. Le convoi de transport attaqué samedi illustre la vulnérabilité extrême des usagers. Transporteurs et passagers lancent un cri d’alarme. Ils dénoncent l’absence de mesures concrètes pour sécuriser cet itinéraire national, pourtant essentiel à la desserte de villes comme Beni et Butembo.
La résurgence de ces violences ravive le traumatisme de janvier dernier. À l’époque, deux personnes avaient été tuées et quinze autres blessées dans des attaques armées sur l’axe Kiwanja-Rwindi-Kanyabayonga, à l’intérieur du même parc national des Virunga. Le schéma est identique : des hommes armés attaquent des civils sur des routes isolées. La répétition de ces drames interpelle. Où sont les patrouilles ? Où sont les barrières de contrôle ? La sécurité dans le parc national des Virunga semble être un vœu pieux.
Face à cette situation intolérable, la population exige des actions immédiates. Un SOS a été lancé vers les autorités provinciales et nationales. Il est urgent, selon les communautés locales, de déployer une présence sécuritaire renforcée et permanente sur cet axe. La priorité absolue doit être la protection des vies humaines. Les appels se multiplient pour une opération de nettoyage contre les coupeurs de route qui terrorisent la région.
L’attaque du convoi à Busendo pose également la question plus large de la gouvernance sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo. Les zones de non-droit se multiplient, alimentant un cycle de violence qui paralyse le développement. La route Goma-Butembo est le baromètre de cette insécurité chronique. Tant que cet axe ne sera pas sécurisé, les drames comme celui de samedi se reproduiront. Les populations sont prises en otage, entre la peur de voyager et la nécessité de se déplacer.
Les autorités militaires et politiques sont-elles à l’écoute de ces détresses ? La réponse sécuritaire apportée dans les prochains jours sera scrutée à la loupe. En attendant, un climat de peur et de défiance s’est installé. Les transporteurs hésitent à emprunter la route, risquant d’asphyxier l’économie locale. Le parc national des Virunga, joyau naturel, est devenu le théâtre de crimes odieux. La situation exige plus que des condamnations verbales ; elle réclame un plan d’action concret et efficace.
Le bilan de l’attaque de Busendo est donc double : deux vies perdues, des familles brisées, et une communauté entière plongée dans l’angoisse. Cet événement rappelle cruellement la précarité de la sécurité dans la région. La suite dépendra de la capacité des responsables à prendre des décisions courageuses pour mettre fin à l’impunité des coupeurs de route et restaurer un minimum de paix sur les routes du Nord-Kivu.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
