Une avancée majeure pour le secteur minier artisanal congolais. À l’issue d’un forum national tenu à Kinshasa, les coopératives minières RDC viennent de sceller leur union en créant une confédération nationale mines. Cette structure fédératrice, destinée à porter d’une voix unique les revendications du terrain, répond à un impératif d’efficacité et de survie face à des blocages administratifs chroniques qui étouffent l’initiative locale. Sa mise en place intervient dans un contexte où la formalisation coopératives peine à se concrétiser, privant l’État de revenus et les exploitants de cadre légal.
Comment cette nouvelle architecture peut-elle redynamiser un pan essentiel de l’économie nationale ? Le exploitation artisanale minière, bien que vitale pour des millions de Congolais, reste souvent prisonnière de l’informel et de la précarité. La création de cette confédération s’apparente à la pose d’une pierre angulaire pour bâtir un secteur plus organisé, plus visible et donc plus audible auprès des décideurs. Bulasila Elongo, point focal des sociétés coopératives du Maniema, salue une initiative « arrivée à point nommé ». Selon lui, elle permettra de structurer les démarches provinciales et d’offrir un cadre unifié pour relever des défis communs, évitant ainsi la dispersion des efforts.
Les obstacles évoqués sont lourds de conséquences économiques. Elongo dépeint un paysage administratif où les lenteurs paralysent l’activité : « J’ai chez moi des coopératives qui ont obtenu l’avis favorable de la Division des Mines depuis 2019, mais elles n’ont jamais reçu leurs agréments mines RDC. Il y a aussi des sociétés coopératives qui ont des agréments, mais le ministre national des Mines ne leur a jamais affecté des EAC (Exploitations Artisanales de Carrière). » Ces goulots d’étranglement constituent un frein direct à la production, à la sécurité des travailleurs et à la traçabilité des minerais, avec un impact négatif sur les recettes publiques et l’attractivité du secteur.
La confédération nationale mines se présente donc comme un levier stratégique pour convertir ces faiblesses en forces. En regroupant l’ensemble des fédérations provinciales, elle vise à mener des plaidoyers coordonnés et techniques auprès des autorités compétentes. L’objectif est double : accélérer les processus de délivrance des titres et des autorisations, et œuvrer à une meilleure intégration des coopératives dans la chaîne de valeur minière formelle. Cette centralisation de la représentation pourrait permettre de négocier des accords-cadres, d’harmoniser les pratiques et de faciliter l’accès aux financements et aux technologies.
À l’échelle macroéconomique, une formalisation réussie des coopératives minières RDC serait un catalyseur de croissance. Elle permettrait de capter une partie substantielle de la production artisanale, aujourd’hui souvent échappant au contrôle de l’État, pour l’injecter dans les circuits officiels. Cela se traduirait par une augmentation des royalties, une création d’emplois stables et une amélioration des conditions de travail sur les sites. Le secteur minier artisanal, souvent perçu comme une économie de survie, pourrait ainsi progressivement se muer en un pilier structuré et productif du développement national.
L’avenir nous dira si cette nouvelle confédération saura tenir son rôle de locomotive. Son succès dépendra de sa capacité à maintenir une unité d’action parmi ses membres, à produire des diagnostics économiques solides et à engager un dialogue constructif avec le gouvernement. Si elle y parvient, elle pourrait non seulement débloquer la question des agréments mines RDC, mais aussi participer à la rédaction d’une politique minière plus inclusive. La balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics : sauront-ils saisir cette opportunité pour consolider un partenariat gagnant-gagnant avec la base ? La santé future de l’exploitation artisanale minière en dépend.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
