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Extradition de Youssouf Ezangi : la RDC honore sa coopération judiciaire avec le Royaume-Uni

Dans un geste qui souligne le respect des engagements internationaux de la République Démocratique du Congo, l’extradition vers le Royaume-Uni de Youssouf Ezangi, condamné pour son implication dans la tentative coup d’état RDC 2024, a été exécutée mardi 31 mars 2026. Cet homme de 53 ans, plombier de profession et naturalisé britannique, avait été reconnu coupable d’actes de violences armées et de terrorisme aux côtés de Christian Malanga, le leader du groupe « New Zaïre », abattu lors de l’assaut sur le Palais de la Nation.

Le parcours judiciaire d’Ezangi a été marqué par un procès public, tant en première instance qu’en appel, aboutissant à une condamnation à la peine capitale. Toutefois, dans un acte de clémence souverain, le président Félix Tshisekedi a décidé de commuer cette sentence en réclusion criminelle à perpétuité. Cette grâce présidentielle Félix Tshisekedi a constitué le préalable nécessaire à son transfèrement, dans le cadre de la coopération judiciaire RDC Royaume-Uni. Selon les termes officiels relayés par la présidence, cette décision procède exclusivement de la volonté du chef de l’État et s’inscrit dans une dynamique bilatérale exemplaire, loin de tout esprit d’impunité.

La procédure d’extradition Youssouf Ezangi s’est déroulée selon un protocole strict. Le condamné a été extrait de sa cellule de la prison militaire Ndolo, établissement de haute sécurité sous le commandement du colonel Flory Manga Bakafwa, pour être remis aux autorités britanniques. La cérémonie de transfert s’est tenue en présence d’un aréopage d’officiels, comprenant des représentants de l’ambassade du Royaume-Uni à Kinshasa, de la conseillère principale du chef de l’État au collège diplomatique, Mbuyi Katharina Wagner, ainsi que des agents de la justice militaire congolaise. Après l’accomplissement des formalités d’immigration, l’individu a été pris en charge par les services de sécurité britanniques pour être acheminé vers son nouveau lieu de détention outre-Manche, où il purgera désormais sa peine.

Au cours de son procès, des éléments troublants sur son recrutement avaient été dévoilés. Youssouf Ezangi avait révélé avoir été approché par Christian Malanga dès 2016 à Londres, puis avoir suivi ce dernier en Eswatini et en Angola avant de se rendre en RDC début 2024. Il affirmait avoir accompagné Malanga à la résidence de Vital Kamerhe et au Palais de la Nation sans connaître précisément les objectifs de la mission, déclarant avoir simplement suivi les ordres. Ces ordres, selon l’accusation, visaient à capturer M. Kamerhe pour le présenter lors de la prise annoncée des institutions. Comment un citoyen naturalisé peut-il se retrouver au cœur d’une telle entreprise de déstabilisation ? La justice militaire a estimé que son rôle actif dans les violences armées était suffisamment établi pour justifier la sévérité de la condamnation.

Ce transfèrement s’inscrit dans une série de mesures similaires concernant les étrangers impliqués dans cette tentative de renversement. Avant Ezangi, trois ressortissants américains, dont Marcel Malanga Malu, fils du leader putschiste, avaient bénéficié d’une grâce présidentielle et avaient été transférés aux États-Unis pour y purger des peines de servitude pénale à perpétuité. Le cas de Jean-Jacques Wondo, Congolais naturalisé belge, avait également suivi ce chemin. Cette politique de transfèrement, articulée autour de la coopération judiciaire internationale, permet à la RDC d’affirmer sa responsabilité tout en allégeant sa charge carcérale. Ne reste désormais en détention sur le sol congolais, pour ce dossier, qu’un Canadien d’origine congolaise, aux côtés des nationaux jugés et condamnés.

La conclusion de cette affaire pour Youssouf Ezangi marque un chapitre important dans l’épilogue judiciaire de la tentative coup d’état RDC 2024. Elle démontre la capacité des autorités congolaises à mener des procédures complexes en partenariat avec des États étrangers. L’efficacité de cette coopération judiciaire RDC Royaume-Uni pourrait-elle servir de modèle pour d’autres dossiers de sécurité transnationale ? Les prochaines étapes se concentreront sur l’exécution de la peine au Royaume-Uni, sous le contrôle des juridictions britanniques, tandis que les procédures se poursuivent en RDC pour les derniers coaccusés. La fermeté affichée par Kinshasa, tempérée par le respect des procédures légales internationales, envoie un signal clair sur sa gestion des menaces contre l’ordre constitutionnel.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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