À l’occasion de la Journée internationale des troubles bipolaires, célébrée chaque 30 mars, un message crucial résonne pour la santé mentale en République Démocratique du Congo. Le Dr Philippe Ntalaja, éminent neuro-psychiatre, a lancé une alerte vigoureuse contre la consommation de substances psychoactives, pointant du doigt un facteur de risque majeur dans le développement et l’aggravation des troubles bipolaires. Cette mise en garde, plus qu’un simple rappel, s’inscrit dans un contexte où la prévention des troubles mentaux devient un impératif de santé publique.
Mais qu’est-ce que le trouble bipolaire exactement ? Il s’agit d’une pathologie complexe qui affecte profondément la régulation de l’humeur. Imaginez un thermostat émotionnel défaillant : les personnes atteintes connaissent des fluctuations excessives, oscillant entre des phases d’euphorie intense, un état exagéré de bien-être et d’hyperactivité, et des épisodes de dépression profonde. Cette tempête émotionnelle interne peut gravement perturber la vie personnelle, sociale et professionnelle. La prévention des troubles bipolaires commence par la compréhension de ces mécanismes et, surtout, par l’identification des facteurs qui peuvent déclencher ou amplifier la maladie.
Le Dr Philippe Ntalaja souligne un point particulièrement alarmant : le pic de vulnérabilité se situe à l’adolescence, entre 15 et 19 ans. « C’est l’âge de la maturité où l’on découvre le monde. À cet âge, certains peuvent commencer à consommer des substances psychoactives », explique le spécialiste. Cette période de construction identitaire et de curiosité naturelle devient une fenêtre critique où l’exposition à des drogues, à l’alcool ou au tabac peut agir comme un détonateur sur un terrain parfois génétiquement prédisposé. La consommation de ces substances ne fait pas qu’augmenter le risque de développer un trouble ; elle peut aussi en compliquer considérablement le diagnostic et le traitement.
Alors, comment se prémunir face à cette menace ? La recommandation du médecin est claire et sans équivoque : une abstinence totale. Pour prévenir l’apparition de troubles psychosomatiques et protéger sa santé mentale, il est essentiel d’éviter l’alcool, le tabac et toute autre substance altérant l’état de conscience. Cette mesure de prévention des troubles bipolaires est d’autant plus cruciale pour les jeunes, mais elle concerne tout le monde. L’éducation et la sensibilisation dès le plus jeune âge sont des piliers fondamentaux pour construire une société congolaise plus résiliente face aux défis de la santé mentale.
L’entourage joue, lui aussi, un rôle décisif. Le Dr Ntalaja appelle à une vigilance accrue de la famille et des proches. Tout changement brutal de comportement chez une personne auparavant stable – comme une irritabilité soudaine, un retrait social inhabituel, ou au contraire une excitation démesurée – doit alerter. Ces signaux ne doivent pas être minimisés ou attribués à une simple « crise d’adolescence ». La clé d’une prise en charge efficace réside dans la rapidité d’action. Dès que de tels indices apparaissent, il est impératif d’orienter la personne vers un centre psychiatrique spécialisé. Une intervention précoce maximise considérablement les chances de stabilisation et de guérison, permettant de retrouver un équilibre de vie.
En cette période de réflexion sur la santé mentale RDC, l’appel du Dr Philippe Ntalaja est un rappel puissant. Les troubles bipolaires sont une réalité médicale sérieuse, mais une réalité contre laquelle on peut agir. La prévention passe par l’évitement des substances psychoactives, par une éducation au bien-être mental et par la solidarité de l’entourage. Investir dans la santé psychique des jeunes générations, c’est investir dans l’avenir du pays. Chacun, à son niveau, peut contribuer à briser les tabous et à favoriser un environnement qui protège plutôt qui qu’il ne expose au danger. La voie tracée par les spécialistes comme le Dr Ntalaja est claire : pour garder l’esprit en équilibre, il faut en prendre soin avec la plus grande rigueur.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
