Une nouvelle attaque ciblant des travailleurs humanitaires a secoué la région du Nord-Kivu ce lundi 30 mars. À Kalembe, dans la zone de santé de Mweso, territoire de Masisi, deux agents engagés dans l’aide médicale ont été violemment agressés et enlevés par des hommes armés se réclamant de l’AFC/M23. Cet incident grave porte un coup direct à la sécurité humanitaire en RDC et plonge la communauté locale dans l’angoisse.
Selon des témoignages recueillis sur place, l’infirmier titulaire du centre de santé de Kalembe, Kapita Lucien, a été sauvagement passé à tabac avant d’être atteint par une balle à la main. Son collègue, Byamungu Mauwa Samson, qui occupe le poste de coordinateur local pour la Croix-Rouge, a subi le même sort, battu et molesté par le groupe armé. Les violences contre soignants au Congo prennent ici une tournure particulièrement inquiétante, frappant des personnels en première ligne.
Les motifs avancés par les assaillants restent flous et sans fondement apparent. Les deux hommes seraient accusés d’entretenir des liens avec les groupes d’autodéfense locaux, les wazalendo. Aucune preuve n’a été présentée pour étayer ces allégations, qui semblent servir de prétexte à un acte de pure intimidation. Après les violences, la séquence s’est achevée par un enlèvement. Les deux humanitaires ont été embarqués de force à moto, direction inconnue, laissant derrière eux un vide et un profond sentiment d’impunité.
L’enlèvement Croix-Rouge Masisi soulève immédiatement une vague de condamnations et d’inquiétudes. La population de Kalembe, déjà éprouvée par des années de conflit, craint pour la vie des deux otages. Leur travail consistait à soigner, à soulager les souffrances, sans distinction. Comment leur engagement peut-il être ainsi récompensé par la violence et la séquestration ? Cette question hante désormais tous les acteurs de l’aide dans la région.
Face à l’urgence, des appels pressants sont lancés vers la communauté internationale. Les organisations non gouvernementales et les agences onusiennes présentes sur le terrain sont interpellées. Une mobilisation urgente est demandée, notamment au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à Médecins Sans Frontières (MSF), pour obtenir la libération immédiate et sans condition des deux hommes. La protection de leur intégrité physique doit être la priorité absolue.
Cet événement survient dans un contexte sécuritaire extrêmement dégradé dans le territoire de Masisi. Les affrontements entre groupes armés, dont l’AFC M23, et les forces gouvernementales créent un environnement de haute tension où les civils et les humanitaires paient un lourd tribut. L’attaque agents humanitaires Nord-Kivu à Kalembe n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une série de violations du droit international humanitaire qui entravent l’accès aux soins pour des milliers de personnes.
Le principe de neutralité et de protection des personnels de santé et humanitaires, pourtant garanti par le droit international, est bafoué en pleine lumière. Ces actes mettent en péril non seulement des vies individuelles mais aussi l’ensemble du système de réponse aux crises dans l’est de la RDC. Si ceux qui portent secours deviennent des cibles, qui pourra encore venir en aide aux populations vulnérables ?
À l’heure où ces lignes sont écrites, les responsables de l’AFC/M23 n’ont formulé aucun commentaire sur cet incident. Le silence est assourdissant. Les familles des victimes et leurs collègues attendent, dans l’anxiété, un signe de vie ou une information sur le lieu de détention. Les autorités congolaises, tant au niveau provincial que national, sont également attendues sur une réaction ferme et des actions concrètes pour localiser et secourir les otages.
La sécurité humanitaire en RDC est une fois de plus mise à rude épreuve. L’épisode de Kalembe rappelle cruellement la précarité dans laquelle œuvrent les acteurs de l’aide dans les zones de conflit. Il exige une réponse coordonnée et déterminée de tous les partenaires, nationaux et internationaux, pour faire cesser l’impunité et garantir un espace humanitaire sûr. Le bilan, pour l’instant, est celui de deux vies en suspens, d’une communauté traumatisée et d’une mission humanitaire entravée. La suite dépendra de la pression qui pourra être exercée pour obtenir une issue heureuse à ce drame.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
