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Inondations à Kindu : La RVF ordonne la démolition des maisons en zones de servitude

La ville de Kindu, au cœur du Maniema, étouffe sous les eaux. Chaque saison des pluies ramène son lot de cauchemars : rues submergées, maisons englouties, vies bouleversées. Ce lundi 30 mars, la Régie des voies fluviales (RVF) a lancé un cri d’alarme aussi radical qu’urgent. Son directeur provincial pour le secteur Lualaba-Ubundu-Kindu, Amadi Assumani Assuka, a exigé la démolition pure et simple des habitations érigées dans les zones de servitude des cours d’eau. Un ultimatum qui révèle l’ampleur d’une crise écologique et urbaine devenue incontrôlable.

Que sont ces zones de servitude, dont le non-respect provoque une telle colère des autorités fluviales ? Ce sont des bandes de terrain riveraines, légalement protégées, qui doivent rester libres de toute construction pour permettre l’écoulement naturel des eaux et les travaux d’entretien. À Kindu, comme dans de nombreuses villes du pays, ces espaces vitaux ont été grignotés, colonisés, bétonnés. Le résultat est sans appel : le fleuve, privé de son espace de respiration, se venge par des débordements de plus en plus violents et fréquents.

La lecture actuelle de l’échelle d’étiage à 5 mètres 39 à Kindu n’est pas qu’un simple chiffre. C’est le symptôme d’une asphyxie programmée. Cette montée significative des eaux témoigne d’un déséquilibre profond. Autrefois, rappelle la RVF, cette situation était rare et maîtrisée grâce à une gestion rigoureuse du fleuve Congo et au respect scrupuleux de ses berges. Aujourd’hui, c’est l’anarchie qui règne. L’urbanisation anarchique au Maniema a transformé Kindu en un exemple frappant de développement incontrôlé. La ville s’étend sans plan, sans vision, au mépris des règles les plus élémentaires d’aménagement du territoire.

Les causes de ces inondations à Kindu sont multiples et s’additionnent dangereusement. L’expansion urbaine non planifiée pousse les habitants vers les zones les plus vulnérables, comme les berges. L’occupation anarchique de ces dernières réduit comme une peau de chagrin l’espace disponible pour les crues. Pire, les cours d’eau de la RDC servent trop souvent de dépotoirs à ciel ouvert. Les rejets de déchets domestiques et autres embarras obstruent les voies d’eau, transformant les artères fluviales en véritables barrages qui retiennent et amplifient le flot lors des pluies. Le non-respect des zones de servitude des cours d’eau est la dernière pièce de ce puzzle tragique. Comment un fleuve pourrait-il suivre son cours naturel lorsque son lit est entravé par des constructions humaines ?

« Avec l’expansion urbaine anarchique, l’occupation des berges et des pratiques inappropriées comme le rejet des déchets, le débordement des eaux devient inévitable », insiste Amadi Assumani Assuka, le directeur provincial de la Régie des voies fluviales (RVF) en RDC. Son appel à l’évacuation et à la démolition est un aveu d’échec d’une gestion préventive, mais aussi un nécessaire retour à la raison. La sécurité des populations et l’intégrité écologique sont en jeu. Les inondations ne sont plus une fatalité saisonnière, mais la conséquence directe d’actions humaines irréfléchies.

Les conséquences sont déjà visibles et dramatiques : pertes matérielles, déplacements de populations, risques sanitaires avec la propagation de maladies hydriques, et destruction d’écosystèmes fragiles. Le fleuve Congo, poumon bleu de l’Afrique, voit ses affluents locaux souffrir de cette pression insoutenable. À quand une prise de conscience collective ? La décision de la RVF, aussi radicale soit-elle, doit servir d’électrochoc. Elle pose une question essentielle : jusqu’où irons-nous dans la destruction de notre cadre de vie pour satisfaire des besoins immédiats en logement, au mépris du long terme ?

La solution ne réside pas seulement dans la démolition. Elle appelle à une refonte complète de la planification urbaine à Kindu et dans toute la province du Maniema. Il est urgent de mettre fin à l’urbanisation anarchique, de sensibiliser les populations au danger de jeter leurs déchets dans les cours d’eau, et de faire respecter avec fermeté la loi sur les zones de servitude. Les autorités locales, la RVF et les communautés doivent travailler main dans la main pour désengorger les berges et restaurer l’équilibre hydrique. Investir dans des systèmes de drainage, promouvoir une gestion durable des déchets et reloger dignement les familles concernées sont des impératifs. Le fleuve n’est pas l’ennemi ; il est une ressource vitale qu’il faut protéger. L’appel de la RVF est un premier pas vers la réconciliation entre Kindu et ses eaux. Il est temps d’écouter le cri du fleuve avant qu’il ne se transforme en déluge.

Article Ecrit par Miché Mikito
Source: radiookapi.net

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Miché Mikito
Miché Mikito
Né au bord du majestueux fleuve Congo, à Kisangani, Miché Mikito vous propose une couverture sportive dynamique et un éclairage unique sur les enjeux environnementaux. Passionné de sport, il suit de près les compétitions locales et internationales tout en restant très attentif à la préservation des richesses naturelles du Congo. Miché est votre guide pour tout ce qui concerne le sport et l’environnement.
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