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Butembo paralysée par une grève des taximen après un meurtre

Le transport urbain est à l’arrêt complet ce lundi 30 mars dans la ville de Butembo, au Nord-Kivu. Une grève des taximen, observée à l’appel du Réseau des taximen du Congo (RETAC), paralyse les moto-taxis, principal mode de déplacement. Cette protestation vise à dénoncer l’insécurité grandissante et exige justice pour le meurtre de l’un des leurs. Les artères de la ville, habituellement bondées, sont désertes, transformant le paysage urbain en un spectacle de silence et de colère.

Le déclencheur de cette mobilisation sans précédent est l’assassinat par balle de Katembo Kavunga Joël, survenu vendredi 27 mars dernier à Ndando, une localité à la lisière de Lubero et Butembo. Les assaillants, toujours en fuite, se sont enfuis avec sa moto. Cet acte de violence a servi de catalyseur à une colère longtemps contenue face à la recrudescence des attaques contre les chauffeurs. Comment les autorités comptent-elles mettre un terme à cette spirale infernale ?

Pour faire respecter le mot d’ordre de grève, des barricades ont été érigées sur les axes principaux et secondaires de la voirie. Ces obstacles, montés par les motards eux-mêmes, ont efficacement bloqué toute tentative de circulation, confinant de nombreux habitants chez eux. La vie économique du centre-ville a été sévèrement perturbée, avec des travailleurs peinant à rejoindre leurs lieux de service. Cette journée sans moto-taxi dans le Nord-Kivu met en lumière la dépendance cruciale de la population à ce secteur et la vulnérabilité de toute une ville lorsque celui-ci s’arrête.

Face à ce drame, le RETAC/Butembo-Lubero a formulé des exigences claires. La structure réclame l’ouverture d’enquêtes diligentes pour identifier, arrêter et traduire en justice les auteurs de ce meurtre de chauffeur de moto. Elle plaide surtout pour un renforcement tangible de la sécurité des taximen, régulièrement pris pour cible. Les autorités sont sommées de communiquer rapidement sur l’évolution des investigations. L’impunité persistante nourrit-elle un cycle de violence qui semble sans fin ?

Le climat d’insécurité à Butembo ne se limite malheureusement pas à ce seul fait. Dans un autre cas troublant, une conductrice de tricycle Bajaj opérant sur l’axe Njiapanda, Kavira Kabuyaya Zawadi, a été enlevée par des inconnus depuis le jeudi 26 mars. Ses ravisseurs exigeraient une rançon exorbitante de 50 000 dollars américains pour sa libération. Le RETAC sollicite une intervention urgente des autorités pour obtenir sa libération, soulignant ainsi la pluralité des menaces qui pèsent sur les travailleurs du transport.

Cette protestation transport à Butembo rappelle une situation similaire vécue il y a une semaine à peine dans la ville voisine de Beni. Là aussi, une journée sans taxis-motos avait été décrétée pour protester contre le meurtre d’un conducteur. Ces mouvements coordonnés dans différentes villes de la province signalent une exasperation généralisée et une volonté de résistance commune face à l’insécurité. La région du Nord-Kivu est-elle condamnée à une paralysie récurrente de ses villes ?

Alors que les funérailles de Katembo Kavunga Joël sont prévues ce lundi à Lukanga, dans le territoire de Lubero, l’attention reste braquée sur la réponse des forces de l’ordre. La pression est maximale sur les autorités policières et judiciaires. La crédibilité de leur action se joue dans leur capacité à appréhender les coupables et à rassurer une profession en deuil. Le retour à la normale des activités de moto-taxi à Butembo dépendra largement des gestes concrets qui suivront cette journée de deuil et de colère.

Cette grève des taximen à Butembo est bien plus qu’un simple arrêt de travail. C’est un cri d’alarme lancé par toute une profession qui se sent abandonnée et livrée à elle-même. Elle met en exergue les défaillances chroniques du dispositif sécuritaire dans une région en proie à de multiples violences. L’efficacité de la réponse apportée par l’État sera le premier indicateur de la volonté de rompre avec un statu quo intolérable pour des centaines de chauffeurs et des milliers d’usagers quotidiens.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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