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RDC : Les amendements Mangu Mangu sur le cumul des fonctions électrisent le débat sur les entreprises publiques

Les bancs de l’Assemblée nationale ont vibré ce vendredi 27 mars au rythme d’un débat de fond, potentiellement structurant pour l’avenir économique de la République Démocratique du Congo. Le projet de loi modifiant le cadre des entreprises du portefeuille de l’État, porté par le député Jean-Pierre Pasi Zapamba, a servi de catalyseur à une discussion cruciale sur la gouvernance publique. Et c’est le député de Lukunga, Dunia Mangu Mangu, qui a subtilement placé le débat sur le terrain des principes et des réalités politiques, avec une série d’amendements qui visent autant à réformer l’administration qu’à consolider un pouvoir.

Au cœur de sa proposition : une offensive frontale contre le cumul des fonctions entreprises publiques RDC. Pour Mangu Mangu, cette pratique n’est pas seulement un archaïsme administratif ; elle constitue un frein à l’efficacité et, plus pernicieusement, une source de frustration sociale palpable, notamment auprès d’une jeunesse en quête d’opportunités. « Les fonctions de mandataire actif dans l’entreprise du portefeuille de l’État sont incompatibles avec l’exercice d’un mandat politique ou de toute activité commerciale similaire ou concurrente », a-t-il martelé. Cette déclaration, simple en apparence, cherche à tracer une ligne rouge dans le flou artistique qui entoure souvent la gouvernance portefeuille État.

Les exemples concrets avancés par le parlementaire sont éloquents : un ministre ne saurait siéger au conseil d’administration de la RVA, pas plus qu’un mandataire de cette même régie ne pourrait diriger un institut supérieur public. Cette volonté de clarification des rôles et de spécialisation des responsabilités semble salutaire. Elle répond à une attente de transparence et de professionnalisation de la gestion du bien commun. Le député a d’ailleurs salué « l’intelligence » de l’initiative de son collègue Pasi Zapamba, y voyant un rempart contre des pratiques qui « énervent la jeunesse sans emploi ». Le débat parlementaire cumul mandats dépasse ainsi la simple technique législative pour toucher à la justice sociale et à la crédibilité des institutions.

Cependant, l’analyse des amendements Dunia Mangu Mangu révèle une dualité intéressante. Si le mérite, via le recrutement sur concours, est invoqué, le député y adjoint immédiatement la nécessité de « tenir compte de pesanteurs politiques et de la représentation nationale ». Cette nuance, présentée comme un gage de réalisme et de cohésion, introduit en réalité une variable délicate dans l’équation de la réforme entreprises publiques Congo. « On ne saura pas consolider ce pouvoir avec des mandataires qui n’ont pas la philosophie politique de la majorité au pouvoir », a-t-il asséné. La recherche de l’efficacité économique se trouve ainsi inextricablement liée à la consolidation d’un projet politique.

Cette « dose politique » et cette recherche d’équilibre régional, que Mangu Mangu appelle de ses vœux pour « consolider la cohésion nationale », posent une question fondamentale : la modernisation de la gestion publique doit-elle passer par l’alignement partisan des dirigeants d’entreprises stratégiques ? Le pouvoir joue-t-il ici un coup double, cherchant à la fois à assainir l’image des sociétés d’État et à y placer des fidèles ? La manœuvre est habile, car elle répond simultanément à une critique populaire sur le cumul et à une nécessité de contrôle politique sur les leviers économiques.

Le débat initié ce vendredi est donc loin d’être anodin. Il dessine les contours des futures luttes d’influence autour des nominations lucratives et du contrôle des ressources de l’État. Les propositions de Dunia Mangu Mangu, si elles étaient adoptées, pourraient significativement modifier le paysage des entreprises publiques. Elles promettent une gouvernance plus stricte sur le papier, mais conditionnent cette rigueur à une allégeance philosophique. La réforme entreprises publiques Congo se heurte une fois de plus à l’éternel dilemme entre le mérite technique et les réalités du partage du pouvoir. La suite des discussions au parlement révèlera si la lutte contre le cumul des mandats est un véritable projet de société ou simplement un outil de reconfiguration des équilibres internes au sein de la majorité. L’enjeu est de taille : parviendra-t-on à construire une administration compétente et impartiale, ou celle-ci restera-t-elle le champ clos des arrangements politiques ? La réponse déterminera la capacité de la RDC à transformer son immense potentiel en prospérité partagée.

Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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