La province du Kwilu vient de tourner une page décisive de son histoire économique et sociale avec la mise en service simultanée de deux infrastructures énergétiques majeures. Portées par la vision présidentielle et orchestrées par le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Sakombi Molendo, la centrale hydroélectrique Kakobola et la centrale solaire Bulungu matérialisent une stratégie ambitieuse d’électrification Kwilu. Ces réalisations concrètes, inaugurées fin mars, ne se contentent pas de produire des mégawatts ; elles génèrent des perspectives de développement durable pour des centaines de milliers de Congolais, marquant un tournant dans la politique nationale de l’énergie.
Symbole de cette nouvelle ère, la centrale hydroélectrique Kakobola, d’une capacité installée de 10,5 mégawatts, est bien plus qu’une simple infrastructure. Conçue avec une technologie au fil de l’eau, elle incarne le choix stratégique d’une énergie renouvelable RDC propre et pérenne. Son réseau intégré de production, de transport et de distribution déploie désormais ses lignes vers Kikwit, Gungu et Idiofa, apportant une électricité stable à plus de 400 000 habitants. Pour une région longtemps plongée dans le noir, l’impact est comparable à l’ouverture d’une nouvelle artère économique : les petites et moyennes entreprises trouvent un terrain fertile, les services de santé et d’éducation voient leur potentiel décuplé, et le quotidien des ménages se transforme radicalement. Comme l’a souligné le ministre Sakombi Molendo, cette réalisation est un « bond vers la modernité » qui fait de Kakobola, jadis un simple village, le phare lumineux de toute une province.
Dans la même dynamique, la centrale solaire Bulungu complète ce dispositif avec une approche innovante, adaptée aux réalités du milieu rural. Déployée en deux phases pour une puissance totale de 1 MWc, cette installation photovoltaïque, pilotée par l’Agence Nationale de l’Électrification et des Services Énergétiques (ANSER), est déjà opérationnelle. Sa première phase, d’une puissance de 500 kWc, permet d’ores et déjà d’alimenter plus de 4 000 ménages, soit près de 28 000 habitants de Bulungu. Au-delà de l’éclairage domestique, elle est conçue pour soutenir les activités économiques après la tombée de la nuit, brisant ainsi la barrière du temps et relançant la productivité locale. Cette dualité hydro-solaire constitue un modèle de mix énergétique intelligent, exploitant les ressources naturelles abondantes du Kwilu pour une électrification à la fois massive et adaptée.
Ces projets ne sont pas des îlots isolés, mais les premières pierres d’un édifice énergétique national en pleine reconstruction. Ils s’inscrivent dans une feuille de route claire, définie par le Cadre budgétaire à moyen terme (2026-2028), qui prévoit une promotion agressive des énergies renouvelables RDC. Le ministère des RHE projette ainsi l’implantation de centrales solaires photovoltaïques de 15 MW à Karawa et de 10 MW dans d’autres agglomérations, ainsi que le déploiement de systèmes hybrides pour désenclaver des zones reculées. La carte stratégique superposant sites énergétiques et sites miniers, évoquée par Sakombi Molendo, vise à attirer les investisseurs en offrant une énergie propre et compétitive pour alimenter l’industrie extractive, un secteur clé de l’économie nationale.
Le potentiel est immense : avec un ensoleillement atteignant 5,7 kWh/m²/jour, la RDC dispose d’un capital solaire sous-exploité qui pourrait combler son déficit énergétique. Les exemples de la mine de Kamoa-Kakula, utilisant un système solaire avec batteries, ou de la ville de Manono et sa centrale solaire de 1 MWc, démontrent la viabilité et l’attractivité de ce modèle. Cette transition énergétique, au-delà des chiffres et des mégawatts, représente un levier fondamental de transformation structurelle. Comment, en effet, envisager une industrialisation ou une diversification économique sans un socle énergétique robuste et fiable ? L’électrification Kwilu par la centrale hydroélectrique Kakobola et la centrale solaire Bulungu apporte une réponse tangible à cette question, en créant un écosystème favorable à l’investissement et à l’émergence d’une croissance inclusive.
En définitive, le double événement de Kakobola et Bulungu marque bien plus qu’une simple inauguration. Il signale l’entrée de la RDC dans une phase opérationnelle de sa politique énergétique, où les promesses se transforment en kilowatts palpables. La synergie entre l’hydroélectricité et le solaire dessine un avenir où l’énergie n’est plus une denrée rare, mais un service accessible, moteur de progrès social et de résilience économique. Si le chemin reste long pour électrifier l’ensemble du territoire, ces premières réalisations dans le Kwilu prouvent que la combinaison d’une vision politique claire, d’une expertise technique et d’un engagement en faveur des énergies renouvelables peut illuminer l’avenir de toute une nation.
Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
