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Eau potable à Kalemie : 62 000 personnes sauvées du choléra par un projet UNICEF-Rawbank

Une lueur d’espoir se dessine pour des milliers de familles congolaises. Depuis une semaine, environ 62 000 habitants de villages reculés du territoire de Kalemie, dans la province du Tanganyika, boivent enfin une eau pure et saine. Ce bouleversement quotidien est le fruit d’un ambitieux projet d’adduction d’eau potable Tanganyika qui vient d’être réhabilité et étendu. Imaginez : pendant des années, pour des communautés entières, chaque gorgée d’eau était une roulette russe sanitaire, un risque calculé contre la soif. Aujourd’hui, le simple geste d’ouvrir un robinet devient un acte de santé publique.

Ce projet vital, financé à hauteur de 108 000 USD par Rawbank et mis en œuvre par l’UNICEF avec l’appui technique de l’Office national d’hydraulique rurale (ONHR), est bien plus qu’une infrastructure. C’est un rempart contre les épidémies. Il s’inscrit directement dans le cadre de la prévention du choléra en RDC, une maladie hydrique qui frappe régulièrement ces régions. Le réseau, long de 7 kilomètres, fonctionne comme un système circulatoire pour ces villages. Il puise l’eau via 11 forages performants, la stocke dans un réservoir de 40 m³ en béton armé, puis la distribue grâce à une dizaine de bornes-fontaines stratégiquement implantées. Cette adduction d’eau à Kalemie approvisionne non seulement les villages de Kasambondo, Kateba, Taba Congo et leurs environs, mais aussi un hôpital public et un couvent, démultipliant ainsi son impact sanitaire.

Mais pourquoi un tel projet est-il si crucial ? La réponse se trouve dans le témoignage poignant de Ruth Bahati, ménagère à Kasambondo : « L’eau qu’on buvait et qu’on utilisait pour nous laver nous provoquait des démangeaisons et nous exposait à la typhoïde et à d’autres maladies. » Ses mots résument le calvaire sanitaire vécu. Les maladies hydriques, comme le choléra, la typhoïde ou les parasitoses intestinales, se propagent principalement par l’ingestion d’eau contaminée. Les symptômes vont de diarrhées sévères et de déshydratations aiguës, potentiellement mortelles en l’absence de soins, à des affections cutanées chroniques et un affaiblissement général. Pour les enfants et les personnes vulnérables, le risque est encore plus grand.

Le partenariat UNICEF-Rawbank pour l’eau a permis de ressusciter une infrastructure essentielle. En effet, un premier réseau avait été construit en 2020 par l’USAID, mais il était tombé en panne seulement deux ans après son inauguration, laissant les populations retomber dans la vulnérabilité. Cette fois, l’accent est mis sur la durabilité. Freddy Kenge, responsable provincial de l’ONHR, lance un appel solennel : « Nous demandons aux bénéficiaires de gérer ce réseau d’eau potable comme leur propre bien. » Une gestion communautaire responsable est la clé pour éviter que l’histoire ne se répète et pour garantir que les forages dans les villages Kasambondo continuent de couler pour les générations futures.

Concrètement, comment l’accès à l’eau potable change-t-il la vie ? L’analogie est simple : si le corps humain est une forteresse, l’eau contaminée est un cheval de Troie. Il introduit en silence des agents pathogènes qui attaquent de l’intérieur. Une eau saine, au contraire, renforce les murs de défense. Elle permet une hygiène basique – se laver les mains, nettoyer les aliments – qui brise le cycle de transmission des maladies. Pour les femmes et les jeunes filles souvent chargées de la corvée d’eau, ce gain de temps est considérable et peut être réinvesti dans l’éducation ou des activités génératrices de revenus.

La prévention reste l’outil le plus puissant et le plus rentable face aux épidémies. Investir dans l’eau, c’est investir dans la santé, la dignité et le développement. Alors que les bénéficiaires expriment leur profonde gratitude, une question persiste : combien d’autres communautés en RDC attendent encore ce droit fondamental ? Le succès de ce projet dans le Tanganyika doit servir de modèle et rappeler que l’accès universel à l’eau potable n’est pas une utie, mais une condition sine qua non pour un avenir plus sain et plus stable pour toute la nation.

Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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