La province de l’Ituri est confrontée à une menace sournoise qui cible directement sa jeunesse. Le parlement provincial des jeunes a émis une alerte solennelle concernant la prolifération incontrôlée de boissons fortement alcoolisées sur le marché local. Parmi les produits pointés du doigt figurent des bouteilles estampillées “For Export Only”, théoriquement destinées à l’exportation, mais qui inondent paradoxalement les quartiers et les échoppes de la région. Cette situation, qualifiée de « sérieuse menace pour la santé publique et l’avenir de la jeunesse », soulève des questions cruciales sur la protection des plus vulnérables.
Les conséquences de cette facilité d’accès à l’alcool sont déjà palpables et dramatiques. Les membres du parlement jeunes Ituri rapportent une augmentation alarmante des cas de dépendance précoce, d’épisodes de violence et d’accidents, souvent liés à une intoxication. Le phénomène est d’autant plus inquiétant qu’il touche une tranche d’âge critique, les 14-25 ans, et s’immisce même dans l’enceinte des écoles. Comment expliquer qu’une boisson destinée à l’exportation atterrisse dans les mains d’adolescents ? La réponse semble se nicher dans la porosité des frontières provinciales.
En effet, la structure juvénile dénonce la faiblesse persistante des contrôles douaniers Ituri. Cette lacune dans la surveillance des entrées sur le territoire faciliterait l’importation massive de ces produits dans plusieurs territoires, au détriment de la santé jeunes Congo. Face à ce constat, les jeunes leaders ne se sont pas contentés de dénoncer. Ils ont formulé des recommandations concrètes : un renforcement urgent des barrières douanières, l’interdiction pure et simple de la commercialisation de ces boissons alcoolisées Ituri, le lancement de vastes campagnes de sensibilisation sur les risques et l’application de sanctions dissuasives contre les trafiquants et les vendeurs complices.
L’appel a été entendu par les plus hautes autorités provinciales. Le gouverneur de l’Ituri a salué l’engagement citoyen des jeunes et reconnu la gravité de la situation décrite. Il a toutefois tenu à rappeler qu’un cadre légal existe déjà. Une instruction, en vigueur depuis mars 2023, interdit formellement la commercialisation et ordonne la saisie et la destruction de toute boisson alcoolisée Ituri impropre à la consommation, y compris celles portant la mention “For Export Only RDC”. Le défi majeur réside donc moins dans l’absence de texte que dans son application effective sur le terrain.
Pour y remédier, le chef de l’exécutif provincial a annoncé des mesures opérationnelles. Il a instruit la procureure générale près la cour d’appel de l’Ituri de se saisir du dossier pour veiller à une application stricte de la loi et à la sanction des contrevenants. Parallèlement, il a assuré que des contrôles douaniers Ituri renforcés seraient mis en place. L’objectif est double : tarir à la source le flux de ces produits dangereux et préserver l’ordre public ainsi que le capital humain que représente la jeunesse de la province.
Cette synergie entre la vigilance citoyenne des jeunes et la réponse institutionnelle est un signal encourageant. Elle démontre qu’une prise de conscience collective est en marche face à un fléau qui mine silencieusement le potentiel d’une génération. La réussite de cette lutte passera nécessairement par un maillage efficace entre une réglementation ferme, des frontières mieux gardées et une éducation continue aux risques liés à l’alcool. L’enjeu dépasse la simple saisie de bouteilles ; il s’agit de construire, dès aujourd’hui, un environnement plus sain pour les leaders de demain.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
