Les tribunes congolaises sont-elles devenues des poudrières ? Alors que les actes de vandalisme et les scènes de violence se multiplient dans les enceintes sportives du pays, une voix s’élève pour tenter d’inverser la tendance. Belinda Luntadila, la présidente du comité de normalisation de la FECOFA, a tiré la sonnette d’alarme et lancé une campagne de sensibilisation d’envergure. Son objectif est limpide et son message, relayé massivement sur les réseaux sociaux ce lundi 23 mars, tonne comme un avertissement : il est temps de dire non à toute forme de violence dans les stades et de préserver l’intégrité de nos installations sportives.
Le constat est amer et les faits, têtus. Du mythique Stade TP Mazembe à Lubumbashi, théâtre de tant de gloires, au Stade Dominique Diur de Kisangani, en passant par le Tata Raphaël de Kinshasa, les incidents se succèdent. Ces temples du football congolais, censés être des lieux de fête et de rassemblement, voient trop souvent leur grisaille salie par des gestes incontrôlés. Projectiles lancés sur le terrain, sièges arrachés, affrontements entre groupes de supporters… La liste est longue et l’image du football congolais en paye le prix fort. Belinda Luntadila pose donc une question cruciale : jusqu’où irons-nous dans cette spirale destructrice ?
Face à cette urgence, sa campagne ne s’adresse pas qu’aux supporters, mais à l’ensemble de l’écosystème du sport national. Il s’agit d’un appel à la mobilisation générale, une prise de conscience collective pour sauver l’âme du spectacle sportif. « Au-delà du jeu, c’est notre fierté nationale qui est en jeu », semble-t-elle dire. Sans une tribune respectueuse et disciplinée, peut-il encore y avoir un vrai spectacle ? Le message est on ne peut plus clair : la passion pour son club ne doit jamais déraper en haine aveugle ou en actes de vandalisme pur et simple.
Cette initiative courageuse n’est pas restée un cri dans le désert. Elle a reçu le soutien appuyé de plusieurs figures majeures du ballon rond en République Démocratique du Congo. Guy Mafuta Kabongo, l’influent dirigeant, a apporté son poids. Flory Mapamboli, le président de l’AS Vita Club, un club dont les supporters sont réputés pour leur ferveur, a joint sa voix à l’appel. Éric Tshibasu et Ibrahim Matobo ont également relayé le même message fort : celui d’un football apaisé, où la ferveur se vit debout, mais jamais dans la violence.
Leur plaidoyer commun trace une ligne rouge : il est impératif d’adopter un comportement responsable et de bannir toute attitude antisportive. Cette coalition inédite d’acteurs clés envoie un signal puissant à la base. Elle démontre que la lutte contre la violence dans les stades n’est pas l’affaire d’une seule personne, mais bien un combat commun pour l’avenir du sport le plus populaire du pays. La campagne de sensibilisation de la FECOFA marque-t-elle un tournant décisif ?
L’enjeu dépasse largement le simple cadre d’un match. Il touche à la sécurité des spectateurs, à la pérennité des infrastructures souvent coûteuses à réparer, et in fine, à l’attractivité même du championnat congolais. Comment attirer des partenaires ou des sponsors dans un environnement perçu comme hostile ? Comment assurer la sérénité des familles venues assister à un événement sportif ? La réponse passe inexorablement par l’éducation et la prévention, piliers de la démarche portée par Belinda Luntadila.
La route sera longue, mais le premier pas est franchi. En lançant cette offensive médiatique et en fédérant les grands noms du secteur, la campagne de sensibilisation de la FECOFA crée une dynamique nouvelle. Elle place la balle dans le camp des supporters responsables du Congo. À eux maintenant de montrer que la ferveur peut rimer avec respect, que la passion d’un maillot n’efface pas le respect de l’adversaire et du bien public. Le défi est lancé : transformer les tribunes en chaudrons de passion positive, où retentissent seulement les chants d’encouragement et les ovations pour le beau jeu. L’avenir du football congolais se joue aussi, et peut-être surtout, dans ses gradins.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
